Le projet d’éolien en mer suspendu à Boulogne

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Défendu par l’ex ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, le projet d’appel d’offres pour la construction d’un parc éolien en mer au large de Berck-Boulogne (Pas de Calais) est finalement suspendu par son successeur, Nicolas Hulot.

Dans un courrier, en date du 27 juillet, (ci-dessous) le préfet des Hauts-de-France, Michel Lalande, et le préfet maritime, Pascal Ausseur, annoncent en effet la « décision de suspension du projet ». Suite à la consultation des parties prenantes, demandée par l’ancienne ministre de l’Écologie, les deux hommes sont arrivés à la conclusion que « les conditions favorables au lancement d’un appel d’offres sur la zone de Bassure de Baas n’étaient pas réunies à ce stade. […] Dans ces conditions, le ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire a décidé de suspendre la consultation sur cette zone, afin de favoriser l’émergence dans des conditions favorables des autres projets en cours et de poursuivre les réflexions sur les impacts cumulés des parcs éoliens en mer ».

Projet trop politique

La décision, prise peu avant l’élection présidentielle, de lancer un appel d’offres sur cette zone a rapidement pris[am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’ guest_error=’Please_Subscribe’]une tournure politique. D’un côté, les supporters du projet et de l’ex-majorité présidentielle emmenés par Frédéric Cuvillier. Le maire de Boulogne-sur-Mer et ex-ministre délégué auprès de Ségolène Royal pariait notamment sur les retombées économiques du projet. De l’autre, les opposants dont le député républicain du Pas-de Calais, Daniel Fasquelle, à l’initiative de l’association d’opposants Horizon. Le président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, y était également opposé.

« La consultation a été lancée en période de réserve électorale de sorte qu’elle n’était pas publique », se souvient Mathieu Monnier de France Energie Éolienne, qui ajoute que le lancement « un peu soudain » des démarches a pu braquer les acteurs locaux. D’autant que l’opposition est toujours vive, à quelques kilomètres de là, au Tréport, malgré les arrangements proposés par Engie.

Manque de planification

Pour Mathieu Monnier, le projet de Boulogne est surtout le « parfait exemple de ce qui se passe quand on ne planifie pas ou pas assez ». Pour rappel, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit l’attribution de 500 MW à 6 GW de projets éoliens en mer d’ici à 2023, soit l’allocation de 1 à 12 parcs supplémentaires.

Pour l’heure, six projets représentant une puissance cumulé de 3 GW ont été attribués, en 2012 et 2014. Deux appels d’offres, organisés sous forme de dialogue concurrentiel, sont en cours au large de Dunkerque et d’Oléron. A Dunkerque, une liste de 10 dossiers présélectionnés a été publiée en mai et l’administration discute avec les candidats du contenu du cahier des charges, qui doit être validé à l’automne. A Oléron, les professionnels attendent le lancement officiel du dialogue concurrentiel.

Le courrier signé des deux préfets

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