Bourse : frémissement des petites valeurs vertes

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La Bourse va mieux depuis deux semaines, et les valeurs vertes en profitent. Après leur dégringolade ces derniers mois, les cours des groupes spécialisés sur les marchés de l’environnement semblent retrouver les faveurs des investisseurs, en France comme aux Etats-Unis.

Ces valeurs profitent d’abord d’un contexte favorable : les marchés liés à l’environnement vont recevoir de grosses injections d’argent à travers les énormes plans de relance des gouvernements. Beaucoup prévoient des subventions considérables pour les énergies nouvelles, les voitures électriques ou les réseaux électriques intelligents — plan Obama aux Etats-Unis, projets de loi Grenelle de l’Environnement en France, mais aussi plan chinois, et ceux d’autres pays européens, sans oublier l’Union européenne elle-même.

Les plans de relance adoptés en 2008 dans 15 grands pays prévoient, selon la banque HSBC, 341 milliards d’euros d’investissement dans les marchés verts.

Concrètement, sur quoi miser à la Bourse de Paris ? Les investisseurs n’ont pas un large éventail de choix, car les valeurs vertes (les groupes qui réalisent la majorité de leur activité dans le green business) se comptent encore sur les doigts de la main. A part deux ou trois gros que sont EDF Energies Nouvelles, Suez Environnement et Veolia, on trouve quelques groupes cotés dans l’éolien (Theolia, Voltalia, Vergnet, Aerowatt), le solaire (Strategeco Solar), la biomasse (Sechilienne-Sidec), le traitement des déchets (Séché Environnement) et les granulés de bois (EO2), sans oublier le spécialiste des produits d’entretien « verts » Novamex.

Pour l’instant, ces valeurs se traînent dans les limbes de la cotation, à quelques euros le plus souvent, car elles ont été massacrée en Bourse depuis le début de la crise,  perdant 60 à 90% de leur valeur.

Mais la plupart amorcent une remontée depuis début mars. D’abord dans l’éolien, où l’association européenne de l’énergie éolienne voit arriver de nouveaux investisseurs. Autre indice positif, General Electric, l’un des plus gros fabricants mondiaux d’éoliennes, compte quintupler ses ventes d’éoliennes en Europe cette année. L’éolien pourrait bien être l’un des premiers secteurs à repartir. Depuis le 2 mars, on voit remonter, doucement mais sûrement, des valeurs comme Vergnet ou Theolia.

Dans la biomasse, Sechilienne Sidec, spécialiste de la production d’énergie à base de bagasse (résidu de canne à sucre), a nettement remonté depuis début mars (+15%), grâce à l’annonce de bons résultats, à de grandes ambitions affichées dans le solaire et aussi à la probable augmentation du tarif subventionné de rachat du kilowatt-heure issu de la bagasse, une mesure prévue dans la future loi de développement des Outre-Mer.

Parmi les valeurs à fort potentiel, à suivre la société EO2, premier producteur français de pellets, ces granulés de bois qui s’utilisent comme le fioul, un marché qui progresse au rythme de 20% en France, selon la Fédération française des pellets.

Côté recyclage, on voit aussi remonter Séché, qui avait été pénalisé ces derniers mois par la chute des matières premières, qui avait entraîné dans son sillage le prix de vente des matériaux recyclés.

Le marché le plus prometteur est ans doute celui de l’énergie solaire. Pour l’instant, les titres y sont vraiment peu chers, tant ils ont baissé. Et pourtant, quoi de plus sûr en ce moment qu’un  installateur solaire, qui bénéficie d’un prix garanti sur 20 ans grâce au tarif subventionné payé par EDF aux propriétaires de panneaux solaires pour leur production électrique !

C’est déjà devenu un produit financier, qui offre quasiment 8% garanti par an. Beaucoup de groupes positionnés sur d’autres marchés verts ajoutent le solaire à leur portefeuille, comme Aérowatt ou Séchilienne-Sidec.

La meilleure preuve du potentiel boursier du secteur, c’est que l’un des acteurs les plus en vue du solaire français CPC Solarbios, qui marie le métier de gestionnaire de patrimoine et d’installateur solaire, a décidé de s’introduire en Bourse cette année, peut être dès le mois d’avril ou de mai, comme nous l’a confié son patron Frédéric Errera dans une interview.

On constate aussi une amorce de remontée de Strategeco Solar, seul groupe uniquement solaire coté à Paris, qui a dépassé ses objectifs de résultats et vient de remporter un contrat en Chine.

Aux Etats-Unis, où sont cotés plusieurs dizaines de valeurs vertes, y compris les plus gros chinois, comme Suntech, on voit également remonter les cours depuis le début mars, comme le montre l’indice Nasdaq CleanEdge, l’une des nombreux indices boursiers verts qui fleurissent depuis quelques années.