L’intelligence artificielle sera-t-elle une nouvelle locomotive pour des énergies renouvelables malmenées par la baisse des aides et des ambitions de l’Etat ? Mi-mai, l’audition à l’Assemblée nationale d’Arthur Mensch a été écoutée avec grand intérêt par la filière. « Nous transformons des électrons en tokens », a résumé le cofondateur et PDG de Mistral AI en soulignant les besoins exponentiels en électricité des data centers et centres de calcul pour répondre aux besoins des grands modèles de langage.
Une aubaine pour la France, en situation de surproduction et qui vient de lancer son plan national d’électrification. Le président de la République Emmanuel Macron ne manque pas une occasion de louer l’électricité décarbonée, abondante et compétitive du pays pour attirer les investissements. De fait, la France compte déjà quelque 350 centres de données commerciaux et les clients se bousculent, à l’image du japonais SoftBank qui a annoncé lors du sommet Choose France début juin un engagement pouvant aller jusqu’à 75 Mds€ pour construire des data centers en France, dont 35 Mds€ dans un premier temps pour des projets dans les Hauts-de-France. Une nouvelle fois cette semaine, le sujet sera en vedette à l’occasion de la 10e édition du salon VivaTech, à Paris où les champions de l’IA vont se presser.
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Sans attendre ces récentes annonces, plusieurs acteurs se sont déjà mis sur les rangs. Au premier rang desquels, l’énergéticien national EDF qui a lancé dès 2025 des appels à manifestation d’intérêt auprès des entreprises du numérique pour proposer des sites clés en main, raccordables rapidement, un atout considérable pour des clients pressés. Le groupe a déjà sélectionné trois lauréats.
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Mais EDF n’est pas seul en piste. Des coopérations avec les producteurs d’électricité renouvelable commencent à prendre forme. En témoigne un accord-cadre innovant annoncé la semaine dernière entre Policloud et CloudGrid Energy.
Si la France déroule le tapis rouge aux opérateurs de ces infrastructures numériques, partout dans le monde les énergéticiens multiplient les accords et profitent de cette nouvelle manne.
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Aubaine pour certains, les data centers suscitent aussi de nombreuses critiques. Leur consommation d’eau et d’électricité et le risque de conflit d’usages provoquent des oppositions en Irlande, aux Pays-Bas et même aux Etats-Unis. Et la récupération de leur chaleur fatale, qui serait bien utile dans la lutte contre les énergies fossiles, est pour l’instant mal engagée.
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