Exclusif : l’indicateur boursier GreenUnivers des valeurs vertes

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Après le baromètre trimestriel des deals (1), GreenUnivers propose un nouvel outil de référence pour suivre l’évolution des entreprises des cleantech : l’indicateur boursier des valeurs vertes françaises et européennes.

L’indicateur GreenUnivers permettra de suivre chaque semaine le parcours d’un portefeuille d’entreprises françaises et européennes des marchés de l’environnement. Sans chercher à donner une image exhaustive du marché mondial des « cleantech »,  il en reflète les principales tendances et les évolutions majeures.

Notre portefeuille a été constitué par une analyste financière indépendante, Sabine Burlot, spécialisée dans les cleantech, après plusieurs mois de recherche et d’analyse et un recensement de la plupart des sociétés cotées du secteur, en Europe et dans le reste du monde.

L’indicateur GreenUnivers est constitué de 38 sociétés qui réalisent toutes plus de 50% de leur chiffre d’affaires sur les marchés de l’environnement : vingt-et-une françaises, neuf allemandes, trois espagnoles, deux britanniques, une italienne, une portugaise et une danoise (2).

Le secteur des énergies renouvelables est le plus représenté, suivi du traitement de l’eau et des déchets. Les cleantech n’étant pas encore parvenues à maturité, la part des small caps (capitalisation inférieure à 150 millions d’euros) est dominante.

Une  pondération a été effectuée pour tenir compte du poids réel des différentes valeurs en termes de capitalisation boursière, tout en respectant des critères de gestion opérationnels.

Vous retrouverez l’indicateur GreenUnivers accompagné des commentaires de notre analyste chaque vendredi sur le site. Les cotations sont arrêtées le jeudi soir et les taux de conversion sont actualisés toutes les semaines.

A noter : GreenUnivers tient également une chronique régulière sur les valeurs vertes françaises et internationales dans l’émission « Intégrale bourse » de BFM (un lundi sur deux).

(1)    Baromètre sur les levées de fonds et les fusions-acquisitions en France et à l’étranger publié avec le quotidien La Tribune : cliquer pour accéder à la première édition, du 2 avril dernier.

(2)    Liste disponible sur demande à l’adresse : [email protected]

L’analyse de Sabine Burlot (15 mai 2009) :

En progression de 19% depuis sa création début avril 2009,  notre portefeuille a profité de la récente embellie de la Bourse et de l’attrait pour les valeurs de l’environnement.

Après avoir souffert en Bourse depuis plusieurs mois, les greentech ont bénéficié d’un contexte plus favorable avec la hausse récente du prix du baril, la perspective d’injections d’argent importantes et les mesures de soutien annoncés par les différents gouvernements (plans de relance, subventions aux énergies nouvelles, avantages fiscaux….).

A souligner cependant depuis quelques jours un ralentissement de cette tendance en raison de la publication de résultats moins bons que prévus pour plusieurs entreprises (Q-Cells ou Séché Environnement dont le chiffre d’affaires trimestriel s’est replié de 9%) ou tout simplement d’une phase de consolidation pour des valeurs dont le cours avait déjà fortement progressé. C’est le cas de Solarworld. Bien qu’affichant encore une performance de 28% à 21,8€ par rapport au début avril, la valeur continue d’enregistrer un léger repli après sa récente dégradation d’acheter à neutre par UBS. Une recommandation justifiée par les solides performances enregistrées auparavant, ainsi que par le risque de ralentissement de l’activité à fortes marges de modules solaires (sur-stockage  et difficultés de trésorerie rencontrées par certains clients). Notons cependant la solidité des fondamentaux de la société allemande dont les perspectives et le bilan demeurent très attrayants.

Plus généralement, les valeurs solaires restent confrontées à court terme à des difficultés de rentabilité. C’est le cas de Q-Cells, dont le chiffre d’affaires a été revu à la baisse pour 2009. Il se situerait désormais entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros, contre 1,7 à  2,1 milliards prévus précédemment. Le fabricant allemand de cellules solaires annonce 54,4 millions d’euros de bénéfice cette année contre 190,5 en 2008. Une situation qu’il justifie par la dépréciation de ses actifs, suite à la revente de ses parts dans la compagnie norvégienne REC. Il invoque également les effets de la contraction du crédit, qui ont conduit à l’annulation de projets et  la réduction des subventions espagnoles.

Soulignons quand même que les valeurs solaires qui ont largement baissé apparaissent à présent peu cher. C’est à l’évidence le marché qui reste le plus prometteur à terme, avec, par exemple en France,  des prix garantis sur 20 ans pour les installateurs solaires (le tarif subventionné payé par EDF aux propriétaires de panneaux solaires pour leur production électrique).

Remarquons sur la période la belle performance de l’allemand SMA Solartech (+38%), l’amorce de remontée de Strategeco Solar, l’un des rares groupes uniquement solaires cotés à Paris, qui a dépassé ses objectifs de résultats et vient de remporter un contrat en Chine.

Enfin, un clin d’œil pour CPC-Solabios, l’un des pionniers des toitures solaires en France, qui, comme nous l’avions annoncé sur le site fin mars, entre en Bourse le 20 mai sur le marché libre de Paris et devrait lever près de 5 millions d’euros.

De son côté, le secteur éolien confirme la reprise entamée en mars avec les progressions de Nordex (+25%), EDP Renovaveis (+ 10%).

A souligner la surperformance du danois Vestas (+40%) numéro un mondial de la construction d’éoliennes qui a dévoilé un bénéfice net en hausse de 70% à 56 millions d’euros au titre de son 1e trimestre pour une progression des ventes de 58% à 1,1 milliard d’euros, un chiffre en ligne avec les attentes. En termes de perspectives, le groupe maintient ses objectifs pour 2009 avec une marge d’EBIT de 11% à 13% et des revenus de 7,2 milliards d’euros. Vestas est l’un des acteurs capables de faire face à l’arrivée progressive de concurrents dans un secteur où la course aux fonds propres reste un problème majeur. Profitant d’ailleurs de son avance technologique, la société vient de dévoiler l’un des futurs produits sur lesquels elle compte pour maintenir son avance, à savoir une éolienne capable de capter des vents de « forces moyenne et faible ».

Dernier signal positif sur le marché, les bons résultats de l’espagnol Gamesa, un des leaders mondiaux de fabrication d’éoliennes, vient de publier un bénéfice net 2008 en hausse de 45% à 320 millions d’euros. Un chiffre réalisé notamment grâce à la plus-value pour la cession de son activité photovoltaïque à un fonds américain pour 261 millions d’euros.

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Evolution de la capitalisation boursière des valeurs vertes (base 100 au 07/04/2009)Cliquez sur le graphique pour l'agrandir