Surproduction plus forte que prévu dans le solaire

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soleilnuagesAlors que la surproduction de panneaux solaires est manifeste depuis déjà depuis plusieurs mois, elle pourrait se révéler plus forte que prévu en raison de la crise économique, selon le cabinet d’analyse américain Lux Research. Les capacités devraient atteindre 10,4 GW cette année, presque le double de la demande. Le marché mondial se réduirait de près de 20% à 29 milliards de dollars et 5,3 GW en 2009, après 36 milliards de dollars et 5,5 GW en 2008.

Avant la crise, les fabricants de panneaux et modules solaires avaient fortement investi pour accroître leurs capacités de production, à l’image des trois géants mondiaux, le chinois Suntech, l’allemand Q-Cells et l’américain First Solar, dont les capacités tournent autour de 1 GW. Face à la crise, plusieurs d’entre eux ont récemment annoncé des réductions d’effectif, dont Suntech.

Le producteur chinois de galettes multicristallines, LDK Solar, vient aussi de revoir ses prévisions à la baisse et d’annoncer le report de ses projets d’extension de ses capacités de production. Il compte désormais atteindre 2 GW d’ici à la fin de l’année, contre 2,3 GW initialement prévus.

Sous l’effet de la surproduction, les prix des modules solaires ont baissé d’environ 25% ces derniers mois. Cette dégringolade des prix devrait avoir un avantage : permettre au solaire de se rapprocher de la parité avec les énergies traditionnelles. Elle pourrait aussi amorcer un mouvement de consolidation parmi les fabricants, les plus solides profitant de la crise pour s’emparer des plus petits.

Toutes les technologies du solaire ne sont pas autant exposées. Les sociétés exploitant les technologies à couche mince et CIGS (cuivre-indium-gallium-selenium), moins chères à produire que les panneaux classiques au silicium, s’en sortent mieux que les autres, selon Lux.

Les plans de relance des gouvernements, notamment aux Etats-Unis, devraient aussi favoriser les investissements dans les énergies renouvelables, et notamment le solaire. Les grands projets solaires ne manquent pas, aux Etats-Unis et aussi en France, et les investisseurs sont toujours attirés par le secteur. Si le court terme n’incite guère à l’optimiste, les analystes restent donc positifs sur le moyen terme.