Faut-il croire aux gigafactories européennes ?

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(Crédit : Tesla)

Y aura-t-il un jour des usines géantes de batteries en Europe ? Certains veulent le croire et font tout pour cela. À l’image de Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne, en charge de l’énergie, porteur d’un plan d’actions pour la production de batteries sur le sol européen soutenu par 120 acteurs industriels et présenté en détail le 17 mai dernier. Le diplomate slovaque ne se résout pas à l’idée que la transition énergétique  se révèle peu féconde pour l’industrie du continent, comme l’illustre l’hégémonie de l’Asie dans la fabrication des panneaux photovoltaïques. Pas question que les LG Chem, Panasonic, BYD, Samsung (ie 90% du marché actuel) soient seuls ou presque à profiter de l’essor mondial promis aux batteries pour la mobilité, que convoite aussi l’américain Tesla.

Sécuriser la supply chain

Le premier souci ? Sécuriser les ressources vraiment stratégiques, en particulier le lithium et le cobalt. Les constructeurs automobiles et les électrochimistes européens ne veulent pas laisser les entreprises asiatiques, en premier lieu les chinoises, maîtriser seules l’origine de la filière. L’accord en mars dernier entre le géant minier Glencore et le chinois GEM Co, pour capter un tiers du cobalt que le suisse extrait au Congo, n’est pas faite pour les rassurer.

Dans son plan détaillé, Maroš Šefčovič s’intéresse aussi au gisement issu du futur recyclage à grande échelle des batteries, qui constitue une réponse intelligente au problème. De fait, « la R&D européenne et notamment française bénéficie de sérieux atouts en la matière », fait remarquer Jean-François Le Romancer, fondateur de Keynergie, cabinet de conseil dans l’énergie, spécialiste du stockage. Il signale...

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