La Commission européenne complète son plan batteries

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Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne

Décidée à doter l’Europe de ses propres gigafactories de batteries, la Commission européenne complète son plan stratégique avec la publication, le 17 mai, de la troisième et dernière série de mesures pour moderniser le système de transport du continent, avec un volet recyclage des batteries.

Des objectifs clairs

Avec son plan « L’Europe en mouvement », la Commission européenne (CE) se fixe des objectifs très clairs : une circulation routière plus sûre, des véhicules moins polluants et des solutions technologiques [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’guest_error=’Please_Subscribe’]plus avancées, tout en soutenant la compétitivité du secteur dans l’UE. Par véhicules propres, la CE entend essentiellement les véhicules électriques dont le coût est constitué à 40% par les batteries qui les propulsent. Problème, c’est un marché presque entièrement dominé par l’Asie, ce qui pose un léger problème d’indépendance énergétique.

« Les batteries sont au cœur de la révolution industrielle et je suis convaincu que l’Europe a ce qu’il faut pour devenir le leader mondial de l’innovation, de la décarbonisation et de la numérisation », estime Maroš Šef?ovic, vice-président de la Commission et responsable de l’Union de l’énergie. Elle veut lancer un vaste plan d’actions pour les batteries qui contribuera à créer un « écosystème » compétitif et durable en Europe. L’accent étant mis sur la compétitivité et la durabilité, la CE souhaite que le volet du recyclage des batteries soit intégré à part entière dans la stratégie de l’Union.

Des mesures peu concrètes

Si les objectifs sont assez clairs, les moyens pour y parvenir le sont nettement moins. Très peu de mesures concrètes ont jusqu’ici été mises en œuvre par Bruxelles si ce n’est le lancement en octobre dernier de l’Alliance européenne de la batterie. Il s’agit d’une plateforme qui doit renforcer la coopération entre les principaux acteurs du secteur : Commission européenne, Banque européenne d’investissement, industriels et start-up. Parmi les membres, citons Northvolt, Saft, Terra-E et InnoEnergy. La Commission a également débloqué 200 M€ pour la période 2018-2020 afin de financer des start-up et des projets en la matière.

On dénombre actuellement cinq projets de gigafactories en Europe (1 en Suède, 1 en Allemagne, 1 en Pologne et 2 en Hongrie), mais trois d’entre eux sont menés par des acteurs asiatiques (Samsung, LG et SK Innovation). De fait, « le Japon, la Corée et la Chine représentaient 88% de la capacité mondiale de production de cellules pour batteries en 2016, et ces trois pays étaient aussi les fournisseurs dominants de composants pour les cellules, comme les cathodes (85%), les anodes (97%), les séparateurs (84%) et les électrolytes (64%) », rappelait récemment Carole Mathieu, auteure d’une récente étude sur le sujet pour le compte de l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Le marché mondial des batteries est estimé à 250 milliards d’euros d’ici 2025, dopé notamment par les perspectives de ventes de véhicules électriques, mais également du stockage stationnaire. Pour répondre à la seule demande européenne, la CE estime que le Vieux continent devrait se doter d’environ 10 à 20 gigafactories.[/restrict-content]