Bornes de recharge : Bolloré passe à l’offensive

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Vincent Bolloré (Photo : Anne-Claire Poirier)
Vincent Bolloré
(Photo : Anne-Claire Poirier)

Paris, Lyon, Bordeaux… et pourquoi pas la France entière ? Bolloré, qui déploie déjà son système d’autopartage dans plusieurs grandes agglomérations françaises (et quelques étrangères), fait campagne pour décrocher le droit d’installer ses bornes de recharge dans tout l’Hexagone. En effet, l’État devrait décider d’ici l’été des modalités de déploiement d’un véritable réseau d’infrastructures de charge à l’échelle nationale, ce qui pourrait représenter à terme jusqu’à 40 000 bornes, contre 5 500 installées aujourd’hui. Le groupe Bolloré a lancé une opération séduction pour décrocher le contrat, que son patron, Vincent Bolloré, détaille ce jeudi dans une interview accordée au Parisien.

Bolloré s’engage sur 100 M€ d’investissement

Premier argument choc, le groupe se dit prêt à investir 100 millions d’euros dans la mise en place des infrastructures, ce qui représente le coût d’installation d’environ 10 000 bornes. « Nous avons offert nos service au ministre du Redressement productif il y a quelques semaines. […] Si nous décrochons le contrat, nous sommes prêts à investir 100 millions d’euros », indique-t-il.

Par ailleurs, Bolloré serait en mesure de mailler le territoire en seulement 24 mois. « D’ici à 2017, le gouvernement prévoit un point de charge tous les 50 km, soit 16 000 bornes. En 24 mois, notre groupe serait capable de déployer un tel réseau… ».

EDF-Bolloré : compétition ou collaboration ?

Tout en indiquant vouloir collaborer avec l’énergéticien EDF, qui pourrait par ailleurs être candidat de son côté, Vincent Bolloré rappelle toute de même que « sur les 5 500 bornes existant pour l’instant en France, 5 000 ont été installées par [ses] soins ».

Les deux groupes font partie de l’équipe-projet du plan industriel « Bornes électriques de recharge », qui réunit 14 entreprises, dont quatre entreprises publiques déjà exploitantes de bornes (La Poste, SNCF, EDF, ERDF) sous la houlette de l’ancien préfet Francis Vuibert. L’objectif de l’équipe est d’être « la tour de contrôle de l’électromobilité en France ».

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EDF a l’avantage de faire partie de Gireve (pour Groupement pour l’Itinérance des Recharges Électriques de Véhicules) aux côtés de ERDF, Renault, la Caisse des Dépôts et la Compagnie Nationale du Rhône. Le groupement a été missionné par Arnaud Montebourg pour assurer le déploiement d’une plateforme d’information et de gestion de données pour faciliter l’usage des bornes de recharge électrique d’accès public.