Delphine Batho veut des énergies vertes « Made in France »

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A quelques heures de la conférence environnementale, qui s’ouvre vendredi 14 septembre à Paris, la ministre de l’Ecologie et de l’énergie, Delphine Batho, distille les potentielles mesures d’urgence qui seront (normalement) annoncées dans la foulée. Elle défend des énergies vertes d’origine française.

Si le lancement d’un petit appel d’offres éolien en mer (sur la zone de Noirmoutier et du Tréport) a déjà fuité, le marché solaire et les autres énergies renouvelables peuvent également se rassurer (un peu). La ministre a évoqué à l’AFP la possibilité « d’intégrer dans les marchés publics et les appels d’offres des clauses liées à la création de valeur ajoutée en France ». Une mesure qui aurait été suggérée par le double rapport commandé par le gouvernement sur le solaire et l’éolien, livré le 13 septembre.

Autrement dit, le solaire et l’éolien « Made in France » seraient favorisés. L’idée d’un « patriotisme écologique » est ainsi défendu… Elle n’est pas nouvelle et plutôt cohérente. Mais le gouvernement doit se dépêcher car d’ici quelques semaines, le « Made in France » des énergies vertes pourraient se faire rare, surtout dans le solaire et l’éolien terrestre.

L’industrie solaire et éolienne craque

Concernant le photovoltaïque, l’aval du marché (l’installation de centrales) est en dépression depuis des mois avec des faillites en série, dont la dernière, symbolique, est celle d’Evasol. Mais surtout, l’amont (le front industriel) continue de s’affaiblir : Auversun est en redressement judiciaire depuis un mois, par exemple, et d’autres assembleurs de modules tricolores sont dans une situation précaire, comme une bonne partie de l’industrie solaire européenne et mondiale, sous la pression de la concurrence asiatique. Pour preuve, la France soutient la récente décision de la Commission européenne d’ouvrir une enquête anti-dumping contre les panneaux solaires chinois.

Dans l’éolien, le producteur de mâts Ceole est en redressement judiciaire et le spécialiste de l’éolien Vergnet n’est pas dans une situation financière très confortable. Delphine Batho a d’ailleurs visité ce fabricant de turbines, mercredi 12 septembre.

Seul réconfort industriel des derniers mois : les projets d’usines de turbines éoliennes offshore d’Areva et Alstom sur la côte Atlantique, impulsés grâce à un appel d’offres aux couleurs fortement tricolores. Et sur le photovoltaïque, les usines françaises des plus puissants industriels ne sont pas non plus inquiétées par la tempête solaire actuelle (Bosch, Total-SunPower-Tenesol). A la différence du tissu industriel formé par les PME-PMI.

Des actions concrètes ?

L’énergie du vent comme du solaire ne fonctionnent plus depuis plusieurs mois dans l’Hexagone. L’ancien gouvernement Fillon, malgré les bonnes volontés affichées avec le Grenelle de l’environnement, a beaucoup parlé mais peu agi sur les énergies vertes, malgré quelques apparences (parc solaire qui a décollé et pourrait approcher les 4 GW en fin d’année, projets industriels sur l’éolien en mer).

Le nouveau gouvernement Ayrault glisse lui aussi vers les beaux discours. A lui de montrer que sa Conférence environnementale ne finira pas comme le Grenelle de l’environnement.

« Cela confine à l’absurde que le développement des énergies renouvelables contribue à creuser le déficit de la balance commerciale alors qu’on a des savoir-faire », a expliqué Delphine Batho. « Les entreprises ont surtout besoin de visibilité à long terme, avec un cadre réglementaire pérenne et stable », note également la ministre. A elle de prendre des mesures concrètes…

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