Guerre solaire : la France soutient l’offensive européenne contre la Chine

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Alors qu’Angela Merkel semble hésiter à soutenir l’offensive des industriels européens contre les panneaux solaires chinois, le gouvernement français choisit son camp : Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Delphine Batho, ministre de l’Écologie, indiquent dans un communiqué commun qu’ils ont « pris connaissance avec satisfaction de l’ouverture formelle d’une enquête antidumping à l’égard d’entreprises chinoises fabricant des panneaux solaires photovoltaïques ».

Suite au dépôt d’une plainte, fin juillet, par le groupement Euro ProSun, piloté par le fabricant allemand SolarWorld avec une vingtaine d’autres industriels européens du solaire, Bruxelles a en effet annoncé le 6 septembre l’ouverture d’une enquête officielle. Euro ProSun estime que les groupes chinois bénéficient de « subventions illégales », comme des prêts à taux réduit, qui créent une distorsion de concurrence. Il demande à l’Union européenne d’instaurer des taxes douanières, sur le modèle de ce qui a été décidé par le gouvernement américain.

Le soutien d’Arnaud Montebourg et Delphine Batho, à quelques jours de la Conférence environnementale et de l’annonce de mesures d’urgence pour la filière photovoltaïque, devrait rassurer les industriels français : « Alors que la France s’est engagée dans une transition énergétique ambitieuse, qui passe par l’essor des énergies renouvelables, il est essentiel de garantir à la filière photovoltaïque […] les conditions d’une concurrence loyale permettant leur développement efficace et pérenne, tout en s’assurant de la plus haute qualité environnementale des produits », indique le communiqué des deux ministres.

La chancelière allemande plus hésitante

Bruxelles a désormais quinze mois pour mener son enquête. Il s’agit potentiellement de l’un des plus gros conflits commerciaux entre la Chine et l’Europe de ces dernières années. En 2011, la Chine a exporté vers l’Union européenne des panneaux solaires et des composants pour près de 21 milliards d’euros. Une situation qui a certes fait chuter le prix des panneaux solaires mais aussi provoqué une crise sans précédent dans la jeune industrie solaire européenne, avec une série de faillites spectaculaires notamment en Allemagne.

Malgré tout, la chancelière allemande a semblé hésiter lors d’un récent déplacement en Chine, privilégiant la voie des négociations à des sanctions : si ses industriels du solaire demandent des mesures de rétorsion contre la Chine, ses constructeurs automobiles et fabricants de machines-outils veulent continuer à exporter massivement dans l’Empire du Milieu…