Eqinov rejoint C2EMarket, compte sur l’essor du tertiaire

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Le fonctionnement de la solution Eqinov. (Crédit : Eqinov)

Signataire il y a un mois du protocole d’entente avec C2EMarket, la future place de marché pour l’échange de certificats d’économies d’énergie (CEE), l’opérateur d’efficacité énergétique Eqinov fera partie des membres fondateurs de cette plateforme, comme l’annonce et s’en réjouit Sylvain Lagarde, directeur associé : « Nous allons disposer d’une référence de prix de marché, comme il en existe pour toutes les commodités. Nous mesurerons aussi le volume du marché secondaire, inconnu à l’heure actuelle ». Eqinov n’exclut pas de commercialiser à terme l’ensemble de ses certificats par l’intermédiaire de C2EMarket, soit environ 10 TWh cumac (économies d’énergie cumulées s et actualisées) à l’heure actuelle.

Synergies avec l’effacement et le conseil énergétique

Fournisseur de financements sur le marché de l’efficacité énergétique industrielle, ce délégataire basé à Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) créé en 2011 travaille “avec une douzaine ...

d’obligés dont les plus importants, sans jamais avoir été sanctionné”, signale Sylvain Lagarde. Il y voit l’effet d’un “outil de process pointu”, grâce en particulier à un logiciel de gestion des contrôles. Mais Eqinov profite ici aussi naturellement des traits de son marché BtoB, formé à 80% de clients industriels comme Lafarge ou Saint-Gobain. Les primes CEE y sont volumineuses, bien documentées et peu exposées aux fraudes. La structure délégataire génère et profite des synergies commerciales avec les deux autres activités du groupe, gestionnaire d’effacement et conseil en performance énergétique, une spécialité qu’il a renforcée en acquérant Winergia en mars.

10 000€ d’intéressement

Eqinov a réalisé un chiffre d’affaires de 45 M€ en 2019 mais ne communique pas les parts respectives des trois composantes, il est vrai hétéroclites, car la vente de CEE ne se valorise pas comme celle des prestations de conseil. Sylvain Lagarde indique quand même que les CEE procurent plus de la moitié du résultat d’exploitation. L’entreprise emploie 70 personnes, dont 20 se consacrent aux CEE. Des collaborateurs plutôt gâtés puisque l’associé co-fondateur d’Eqinov précise que l’intéressement en 2019 était égal à celui de Porsche, soit 10 000€ par salarié ! 

Profiter du « décret tertiaire »

Eqinov est par ailleurs actif dans le secteur tertiaire, où il souhaite croître plus vigoureusement. « Le décret dit tertiaire ouvre un champ énorme à la rénovation énergétique », prévoit Sylvain Lagarde. Les propriétaires de parcs de bureaux vont avoir besoin d’accompagnement pour cibler et échelonner les travaux de performance thermique, de même que pour leur financement. C’est l’intérêt du positionnement d’Eqinov en amont et en aval des opérations, réalisé progressivement pendant la décennie 2010.

L’entreprise espère aussi bénéficier, dans les années qui viennent, de l’ouverture du dispositif des CEE aux installations industrielles sur site ICPE* soumises au système européen d’échange de quotas de CO2, dit Emission Trading Scheme (ETS). Pour rappel, cette cohabitation est autorisée par la loi Pacte adoptée il y a un an et encadrée par les décret et arrêté pris le 20 septembre avec effet rétroactif au premier janvier 2019. Cela dit, Sylvain Lagarde estime que « le schéma réglementaire mérite ici d’être assoupli, de manière à mieux valoriser les nouveaux gisements ». Pour éviter les effets d’aubaine, les primes CEE sont pour l’instant limitées aux opérations spécifiques et excluent notamment le secteur de la production d’électricité. Cet assouplissement figurera peut-être au programme de la consultation bientôt lancée par les pouvoirs publics pour préparer la cinquième période de collecte des CEE, à partir de 2022.

*Installations classées pour la protection de l’environnement