L’Occitanie priée de concilier EnR et biodiversité

Print Friendly, PDF & Email
(Crédit : EDF)

L’Occitanie affiche l’ambition de devenir une région à énergie positive, mais avec quel impact écologique ? Cette question cruciale pour l’acceptabilité des projets est aujourd’hui posée et, paradoxalement, la volonté de concertation des élus pourrait se retourner contre eux. Ce risque est soulevé par ...

l’Autorité environnementale (Ae) dans un avis rendu sur le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet) d’Occitanie, un avis à consulter ci-dessous.

Zéro artificialisation nette

« Le parti pris de la Région Occitanie est celui d’une co-construction avec les acteurs du territoire de l’élaboration puis de la mise en œuvre du Sraddet, avec notamment la création ou l’activation de nombreuses instances de concertation et de consultation », note l’Ae. Bien que louable, cette « démarche partenariale » souffre d’un défaut : elle débouche sur des règles « davantage incitatives que prescriptives », et qui ne sont pas territorialisées. Au risque de se traduire in fine par une plus forte consommation d’espaces, allant même à l’encontre de l’objectif régional de « zéro artificialisation nette » en 2040.

Les énergies renouvelables sont en première ligne, l’Occitanie voulant tripler sa production EnR d’ici 2050. « De fortes marges de progrès existent afin d’orienter les porteurs de projets sur les sites les plus favorables », estime l’Ae. Point positif, l’Autorité constate « avec intérêt » la référence dans le Sraddet au citoyen comme acteur de la transition énergétique « pour favoriser l’acceptabilité sociétale des projets d’énergies renouvelables et le respect des continuités écologiques, afin de concilier EnR et préservation de la biodiversité ». Mais elle aimerait en voir une traduction concrète.

A défaut, l’Ae pointe « des risques de non-optimisation » avec simultanément « l’ouverture de sites d’accueil sur des espaces à forts enjeux environnementaux et le refus d’intégrer des EnR dans d’autres territoires pourtant propices ». Pour l’éviter, elle recommande de mettre en place « une démarche concertée d’identification d’espaces favorables et défavorables à l’accueil d’installations EnR (photovoltaïque au sol, grand éolien terrestre) ».

Baisser les consommations

Dans le cas particulier de l’éolien, elle regrette aussi « l’absence de schéma directeur sur lequel s’appuyer », rendant incertaine la concrétisation des objectifs régionaux. Et constate un déséquilibre géographique : « les fermes éoliennes se concentrent sur un axe nord-sud allant de l’Aveyron aux Pyrénées Orientales. Deux départements (Gers, Hautes Pyrénées) n’accueillent aucun site sur leur territoire ». L’interpellation vaut aussi pour les technologies émergentes comme l’éolien flottant : « le document fait état de nombreux axes de travail pour le développement industriel et commercial de cette filière, sans toutefois évoquer les questions d’empreinte environnementale ».

A l’inverse, l’Ae voit d’un bon œil l’appel à projets évoqué dans le Sraddet sur l’autoconsommation photovoltaïque, « qui pourrait opportunément s’inscrire dans la durée, cette technique étant en général de très faible impact environnemental ». Pour limiter l’impact de la transition énergétique, un autre levier à actionner est la maîtrise de la demande. A ce sujet, l’Ae suggère à l’Occitanie de muscler son objectif de réduction des consommations d’énergie des bâtiments à l’horizon 2040 « en cohérence avec les ambitions, plus élevées, de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ». A ce stade, la Région table en effet sur une baisse de la demande des bâtiments de 20% en 2040 par rapport à 2015. Pour s’aligner sur la trajectoire de la PPE, il faudrait plutôt cibler -30%.

  • Consultez l’avis complet de l’Autorité environnementale ci-dessous (ou ici en PDF)