CEE : Coup de pouce encore élargi, les chantiers au point mort

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(Crédit : Agence parisienne du climat)

Y aura-t-il une baisse des volumes d’économies d’énergie financées par les certificats éponymes cette année ? Le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) fait tout pour l’éviter. Après la prolongation du dispositif Coup de Pouce en 2021, son extension aux co-propriétés et la reprise des programmes CEE arrivant à échéance, le MTES compte faciliter à partir de juillet l’accès à un nouveau gisement, celui du remplacement des chaudières au fuel dans le secteur tertiaire. Le projet d’arrêté est en concertation jusqu’au 15 avril, puis sera soumis au Conseil supérieur de l’énergie le 28. Une bonne nouvelle pour le secteur et le climat : selon le Bilan énergétique de la France publié en décembre dernier, les produits pétroliers représentaient encore 3,11 Mtep en 2018 dans le tertiaire, pour une consommation totale de 23,8 Mtep certes largement dominée par l’électricité puis le gaz.

La difficulté sera ici comme ailleurs le prix de l’énergie : « le fuel est bon marché en ce moment, il va être compliqué de démontrer les économies en euros. Mais nous serons bien entendus signataires de ce Coup de Pouce, qui devrait pouvoir contribuer à hauteur de 50% du budget de remplacement », promet Nicolas Moulin, le dirigeant de Primes Energie.

Reprise en septembre

Cela dit, ces opportunités nouvelles pourraient ne pas suffire pour atteindre le niveau de ...

1600 TWh d’économies d’énergie cumulées et actualisées attendues à la fin de cette troisième année de la période de collecte, qui en compte quatre. « Je table pour ma part sur 1 500 TWh. Pour deux raisons : la baisse de l’activité des fournisseurs de carburant qui réduit mécaniquement le niveau de leur obligation mais aussi et surtout l’arrêt actuel de tous les chantiers et le retard de ceux qui devaient commencer, chez les particuliers, dans les collectivités, chez les bailleurs sociaux…”, constate Nicolas Moulin. En dépit de la parution du guide des bonnes pratiques anti-Covid-19 dans le BTP, des entrepreneurs vont jusqu’à prévoir de reprendre seulement en septembre, après les congés estivaux. Mais il y a des exceptions : Nicolas Moulin signale ainsi deux entreprises occitanes qui comptent ranimer leurs chantiers le 13 avril. Considérés comme l’un des possibles amortisseurs anti-crise dont dispose le pays, grâce à leur effet d’entraînement sur le BTP, les CEE seront-ils à la hauteur des espérances ?