Voltalia engrange 376 M€ de plus, finance l’objectif de 2,6 GW en 2023

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(Crédit : Voltalia)

C’est un peu plus que fois deux par rapport à 2016. Lors de sa première augmentation de capital en 2012, Voltalia avait levé 63 M€, puis 100 M€ en 2014, 170 M€ il y a trois ans pour arriver aujourd’hui à 376 M€ de moyens supplémentaires. Fournis en grande majorité par l’actionnaire fondateur Creadev, via Voltalia Investissements*.

Le holding de la famille Mulliez (Auchan…) apporte pas moins de 250 M€ et détient désormais 78% du capital. Il est rejoint par la Berd (Banque européenne de reconstruction et de développement) qui fournit 23 M€ pour ...

2% du capital. Comme l’expliquait Sébastien Clerc, directeur général de Voltalia lors du lancement de l’opération, l’arrivée de cet investisseur correspond à la convergence entre plusieurs objectifs géographiques du développeur-producteur et les nouveaux territoires de la banque, en dehors de l’Europe de l’Est. De fait, Voltalia est clair sur son ambition d’investir en fonds propres au moins 50 M€ dans des pays d’opération de la Berd tels que le Maroc, la Tunisie, l’Egypte ou la Grèce.

Quant à l’autre petit actionnaire facilitateur des projets internationaux de Voltalia, Proparco, entré en 2016, il confirme lui aussi son optimisme et injecte 15 M€ de plus, pour 2% du capital en tout lui aussi. Les trois investisseurs concourent à hauteur de 288 M€ dans la levée. Reste le flottant sur Euronext, qui augmente légèrement, à 23% du capital, mais plafonne toujours à 17% des droits de vote.

Achats corporate possibles

Voltalia obtient ainsi et sans surprise les moyens de ses ambitions. Elles consistent à grandir à marche forcée et à diversifier son implantation internationale. Laquelle se trouve concentrée à 83% au Brésil aujourd’hui ; mais ce pays doit représenter moins de 50% de la capacité installée dans quatre ans. La même année, le développeur vise 2,6 GW installés ou en construction, contre 514 MW en service fin 2018. Dans cette perspective, l’entreprise compte allouer au moins 300 M€ des fonds collectés à la construction de 1,6 GW de nouvelles capacités, au-delà d’1 GW prévu pour être mis en service en 2020, ce qui représente déjà un saut considérable. Au début de son appel au marché le 24 juin, le développeur avait livré un aperçu de sa stratégie. Celle-ci compte faire la part belle aux affaires sans subvention et en direct avec les acheteurs, y compris en France. Volontariste, Voltalia vient d’y décrocher un contrat emblématique avec la SNCF, pour des centrales solaires à construire dans les années qui viennent.

Cela dit, des acquisitions ne sont pas exclues, loin de là, c’est d’ailleurs à cela que peuvent servir les 76 M€ restants, plus précisément à « financer d’éventuelles acquisitions ciblées, notamment pour renforcer l’implantation de la société dans ses nouvelles zones géographiques en Afrique, en Amérique Latine ou en Europe, ou encore pour développer l’activité de services », indique Voltalia. Pour l’instant, l’entreprise doit boucler celle de sa société sœur Helexia, spécialiste des toitures et de l’autoconsommation des grandes surfaces, détenue aussi par Créadev. L’action cotait 10,05€ à 13 heures (-1,95%), pour une valorisation de 492 M€.

*Au 31 décembre 2018, le capital de Voltalia Investissement est détenu à hauteur de 98,20% par Creadev, 0,85 % par Robert Dardanne, 0,47% par Soparvoltalia et 0,48% par Sébastien Clerc.