Le budget 2019 de l’Ademe semble tenir ses promesses

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Un budget de 605 M€ et, en tenant compte de la trésorerie déjà disponible, de 647 M€ à engager l’année prochaine*, à comparer à un niveau de 540 M€ pour 2018. Au lendemain de son conseil d‘administration dédié, l’Ademe affiche un budget millésimé 2019 plutôt ensoleillé, avec deux hausses majeures pour la chaleur renouvelable et la qualité de l’air, et de la stabilité pour les autres activités. L’essentiel de l’effort porte sur le fonds Chaleur, qui passe à 307 M€ et augmente de 50%, si l’on ne tient pas compte des rattrapages effectués en 2018. Cette année, le fonds avait en fait diminué nominalement par rapport à l’année dernière et a en plus été remis en question. C’est fini. Le dispositif est pour de bon relancé et semble amorcer sa progression vers les 350 M€ annoncés dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Ce qu’il faut pour le Plan Hydrogène

Autre grand bénéficiaire : le fonds Air Mobilité lancé en 2017, qui lui aussi augmente de 50% et passe à 30 M€. Ses appels à projets vont servir à accompagner la future loi d’orientation des mobilités, les zones à faibles émissions et le volet transport du Plan hydrogène (H2). Interrogé sur l’enveloppe globale réellement affecté à l’H2 (industrie, mobilité, stockage) en 2019, Fabrice Boissier, directeur général délégué de l’Ademe, considère que ...

« même si le niveau de 100 M€ n’est pas totalement atteint l’année prochaine, le facteur limitant sera plus l’émergence réelle des projets, lors de nos sollicitations, que le budget disponible ».

Les PTRE revues et corrigées 

L’autre grand poste budgétaire de l’Ademe s’en sort pas mal : le recyclage. L’économie circulaire, les déchets et les sites pollués bénéficient d’un montant à peu près stable, à 185 M€. Seul gros bémol : la rénovation énergétique ; elle se voit affecter 34 M€, comme en 2018, une immobilité problématique en soi. Ce budget cible notamment les actions menées par les Plateformes régionales de la rénovation énergétique (PTRE). Contrairement aux craintes de certaines associations, par exemple Amorce, ce budget ne semble pas avoir été siphonné pour alimenter le fonds Chaleur. En revanche, à terme, selon Fabrice Boissier, le Plan rénovation n’a pas vocation à rester financé par l’Ademe et devrait plutôt rejoindre le dispositif des Certificats d’économies d’énergie. Objets d’une guerre de chapelle entre l’Ademe, l’Anah et les intervenants régionaux, les 150 PTRE elles-mêmes devraient faire l’objet d’une remise à plat l’année prochaine. L’Ademe veut pour sa part identifier les meilleures pratiques et structurer plus clairement l’accompagnement des particuliers : « nous avons ici un enjeu majeur de visibilité et de massification », résume Fabrice Boissier.
* A cela il faut rajouter le budget de fonctionnement de l’Ademe, ce qui porte le budget tout compris à 761 M€.