Solaire chinois : Bruxelles croit que la guerre des prix n’aura plus lieu

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(Crédit : Sillia VL)

Membre de SolarPower Europe, l’association européenne des développeurs et producteurs solaires, le syndicat français Enerplan est plutôt satisfait du plan de convergence tarifaire entre les composants des panneaux solaires venant de Chine et ceux fabriqués en Europe.

Présenté par la Commission européenne la semaine dernière et soumis à consultation jusqu’au 2 août, ce plan prévoit une baisse graduelle des prix pour les produits chinois à l’intérieur d’une fourchette prédéfinie, sur un rythme trimestriel et jusqu’en septembre 2018. Le dispositif fait en outre le distinguo entre les technologies monocristallines et polycristallines. Cette mesure concerne les fabricants chinois identifiés et nommés mais ne s’adresse pas aux entreprises qui se sont retirées ou ont été exclues de l’accord européen.

Hécatombe dans l’industrie occidentale

« Cette convergence est la condition d’une énergie solaire moins onéreuse et moins consommatrice de fonds publics », estime David Gréau, responsable du bureau parisien et des relations institutionnelles chez Enerplan. Il considère que cette convergence pourrait même profiter aux industriels européens, en tous cas à ceux qui importent des cellules pour fabriquer les modules. Ce qui est sûr, c’est que la pression tarifaire met nombre d’entre eux en difficulté,  par exemple en France Sillia VL ou, tout dernièrement et sur le marché connexe des trackers, Exosun.

Naïveté européenne ? 

Pour l’instant, EU ProSun, qui représente justement trente fabricants européens, ne s’est pas exprimé sur la formule présentée par Bruxelles. Mais cette organisation est hostile depuis longtemps à la suppression des mesures antidumping de 2013. A l’occasion du sommet UE-Chine les 1er et 2 juin dernier, elle regrettait dans un communiqué que l’Union européenne se montre naïve à l’égard de la Chine, ce pays ayant décidé de « prendre le contrôle de pans entiers de l’industrie, dont le photovoltaïque, ce qui a conduit à la perte de centaines de milliers d’emplois » .

La Commission européenne, pour sa part, fait le pari que l’effondrement des prix des composants des panneaux solaires est terminé. Bruxelles estime que les prix du marché, en septembre 2018, ne différeront pas sensiblement de ceux d’aujourd’hui.