Exosun en discussion pour un adossement industriel

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(Crédit : Exosun)

Placé en redressement judiciaire depuis la semaine dernière, le fabricant de trackers français Exosun est en discussion avec quatre partenaires industriels potentiels. « Ils sont présents dans des métiers proches du nôtre, veulent se renforcer dans le secteur solaire et sont intéressés par la dimension internationale d’Exosun », indique Frédéric Conchy, fondateur et président de la société. Leurs noms restent secrets. A noter que des partenariats, techniques et commerciaux, ont déjà été engagés par Exosun dans le passé, par exemple avec Schneider Electric.

Les projets ne manquent pas…

La possibilité d’une prise de contrôle d’Exosun par l’un de ces industriels n’est pas écartée. Mais la question est prématurée, selon le dirigeant : « Les discussions avancent mais prennent logiquement du temps. Ce qui est sûr, c’est que nous avons besoin de financement pour respecter notre plan d’affaires ». Exosun est en effet riche de 300 MW de commandes et espère un chiffre d’affaires de 50 M€ sur l’exercice avril 2017-mars 2018. A comparer aux 25 M€ d’activité sur l’exercice 2016-2017 et aux 35 M€ sur 2015-2016. De ce côté-ci, les nouvelles sont donc bonnes, d’autant que de gros projets sont en préparation, aux Etats-Unis et avec le fabricant de panneaux solaires First Solar en particulier.

… mais le BFR est en souffrance

La vrai grosse urgence pour cet acteur dont l’activité se fait aux deux tiers à l’international est de financer les projets dans les semaines et mois qui viennent – via des acomptes, garanties de bonne fin, lettres de crédit, entre autres  – et de disposer des garanties et de la trésorerie pour le faire. Mais au delà des besoins en fonds de roulement (BFR) et du court terme, ce leader et pionnier français des trackers évolue sur ...

un marché désormais explosif et mondial, où les protagonistes veulent grandir le plus vite possible. Les nécessités d’investissement y sont majeures et priment largement sur la recherche de rentabilité.

Le mur français de l’export

« Le marché mondial des trackers représente 10 GW par an et se dirige vers 30 GW dans très peu de temps. Tous les concurrents savent que les positions se prennent aujourd’hui », formule François Ménard, directeur général de la société. Or, les champions américains parviennent à obtenir des financements importants. NEXTracker, racheté depuis par Flextronics pour 330 M$ (296 M€) a ainsi réussi une augmentation de capital de 25 M$ il y a deux ans. Rien de tel pour Exosun, certes dynamique mais confronté à la difficulté traditionnelle des PME tricolores fortement exportatrices à trouver les moyens financiers de leurs ambitions sur des marchés d’entrée disputés et vite internationaux. Pour l’instant, l’entreprise de Martillac (Gironde) est détenue en majorité par la société de private equity Omnes Capital et par l’Ademe, suivies par le Crédit Agricole et des fonds régionaux.

Donneurs d’ordres en danger

Difficulté supplémentaire, la compétition sur le marché des trackers se fait sur fond d’effondrement des prix dans toute l’industrie photovoltaïque, la méthode des appels d’offres incitant en outre les compétiteurs, développeurs et fabricants, à rogner voire supprimer leurs marges. Et à se mettre en risque : l’un des donneurs d’ordres d’Exosun ne paie pas les factures en ce moment. Pour restaurer une marge de manœuvre budgétaire, le fabricant girondin a supprimé une trentaine d’emplois depuis octobre dernier et compte désormais soixante collaborateurs. En parallèle d’une mise à l’abri provisoire via la procédure de redressement judiciaire, la priorité est donnée désormais à la recherche du bon adossement industriel, tout en maintenant une politique de développement énergique.