Photovoltaïque : la guerre des prix tue SolarWorld

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(Source : rapport 2016 SolarWorld)

Le fabricant allemand de panneaux photovoltaïques SolarWorld a annoncé hier son intention de déposer « immédiatement » son bilan, pris à la gorge par la forte érosion des prix sur le marché mondial constatée depuis près d’un an. Le groupe « ne fait plus de pronostic positif et est en conséquence surendetté », peut-on lire dans un bref communiqué financier. Début 2017, SolarWorld a publié des résultats 2016 fortement dégradés, malgré une hausse de la production. Sa dette nette était de plus de 300 millions d’euros et sa perte nette sur l’année atteignait presque 92 millions d’euros pour 800 millions de chiffre d’affaires.

Un empire a démanteler

L’avenir de l’ex-n°1 mondial prend désormais la forme d’un point d’interrogation. SolwarWorld emploie aujourd’hui 3 000 personnes à travers le monde. Le groupe, sauvé en 2013 de la faillite par Qatar Solar, s’était depuis engagé dans une course à la taille avec une logique d’intégration verticale très poussée. Il est ainsi positionné sur toute la chaîne de valeur ou presque, depuis la purification du silicium (au Qatar) jusqu’à l’assemblage final des modules dans ses usines allemandes d’Arnstadt (reprises à Bosch en 2013), ainsi qu’aux États-Unis (cf carte ci-dessus). Le démantèlement d’un tel empire prendra certainement plusieurs mois, le groupe est encore en train d’évaluer lesquelles de ses filiales seront également placées en faillite.

(Source : rapport 2016 SolarWorld)

Crise mondiale

La chute de SolarWorld n’est qu’une demi-surprise au regard de la situation actuelle sur le marché mondial du solaire. Malgré une demande record en 2016, le ralentissement du ...

marché chinois à l’été (lié à la baisse des tarifs d’achat) a exacerbé la concurrence au second semestre, exclusivement au profit des géants asiatiques. La plupart des autres acteurs ont dû prendre des mesures d’urgence pour garder le cap mais les résultats financiers du secteur se sont dégradés.

Les fabricants européens en particulier n’ont aucun moyen de soutenir la compétition, en particulier avec la Chine où une supply chain extrêmement compétitive s’est développée. Le prolongement pour 18 mois du prix minimum d’importation oblige les fabricants de modules à importer des cellules chinoises à un prix maintenu artificiellement haut, entravant encore plus leur compétitivité. Il risque donc d’y avoir de la casse en 2017. En France, Sillia VL est en difficulté et a jusqu’au 24 mai pour trouver un repreneur.

(Source : rapport 2016 SolarWorld)