France : E.ON et Siemens sur le point de signer dans l’éolien offshore

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Doucement mais sûrement, les grands énergéticiens européens se positionnent sur l’appel d’offres français en cours, en vue d’installer et d’exploiter 3 GW sur cinq sites. Après le danois Dong, l’espagnol Iberdrola, le britannique RES (via sa filiale Eole-Res), l’allemand E.ON entre dans la danse, selon Les Echos (*). Et son compatriote Siemens, numéro un mondial des turbines offshore et grand concurrent des français Areva et Alstom, va également participer à la compétition, indique le quotidien économique.

Les deux groupes allemands débarqueraient sous la houlette de GDF Suez. Contacté par GreenUnivers, le groupe français ne fait aucun commentaire. À deux mois de la date butoir pour remettre les offres à la Commission de régulation de l’énergie, la bataille de l’éolien en mer monte donc en intensité.

L’arrivée des groupes européens est en grande partie orchestrée par leurs homologues français, notamment les énergéticiens EDF Energies Nouvelles (EDF EN) et GDF Suez, soucieux d’européaniser le profil de leurs consortiums tout en renforçant la solidité de leur offre.

Quand le leader mondial Siemens vise la France

L’appel d’offres éolien offshore concerne cinq zones au total pour un investissement de 10 milliards d’euros. Jusqu’à présent, GDF Suez s’est officiellement positionné sur trois sites (les zones les plus au nord) et a noué une alliance avec le turbinier Areva Wind. Une situation délicate pour le français qui voit en face un EDF EN ambitieux sur l’ensemble des cinq zones, aux côtés d’Alstom Wind. Pour combler une partie de ce retard, GDF Suez irait donc chercher les turbines de Siemens pour attaquer un quatrième site, celui de Saint-Brieuc, d’une puissance cible de 500 MW.

Si l’opération se confirme, l’entrée en lice de Siemens serait un joli coup pour GDF Suez au regard des performances de l’industriel sur l’offshore, où il est devenu une référence en quelques années. De son côté, l’allemand, numéro un mondial, ne peut pas délaisser le marché français. Son positionnement – 500 MW sur les 3.000 en jeu, soit 17% du marché – resterait néanmoins prudent. En mai dernier, Siemens expliquait à GreenUnivers qu’il répondrait présent dans l’Hexagone, mais qu’Areva et Alstom seraient de durs compétiteurs.

Sur le volet industriel, l’entrée en jeu de Siemens soulignerait un peu plus les difficultés de Vestas sur l’éolien offshore. Le danois, numéro deux mondial, sera-t-il absent de l’appel d’offres français ? En mai dernier, Nicolas Wolff, DG Vestas France, nous indiquait sa volonté d’être candidat avec l’ambition de se positionner dans le cadre d’un consortium différent de ceux d’EDF EN et GDF Suez. Pour leur part, Alstom et Areva ont déjà annoncé leur intention d’investir dans des usines en France en cas de victoire, à Saint-Nazaire et Cherbourg pour le premier, au Havre pour le deuxième.

E.ON apporterait son expérience de l’offshore

L’arrivée d’E.ON aux côtés de GDF-Suez, si elle se confirme également, permettrait à ce dernier de renforcer son équipe constituée avec Vinci.

E.ON apporterait à ce consortium sa puissance financière et son expérience de l’éolien offshore puisque le groupe allemand compte plus de 500 MW en exploitation au large du Danemark, du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Et le groupe, qui a investi plus d’1 milliard d’euros dans ses activités offshore, annonce 500 MW en construction et un portefeuille de projets de plus de 4.000 MW.

Dong, Iberdrola, RES, E.ON… Les grands énergéticiens européens intègrent désormais la France dans leur stratégie, à côté des grands marchés offshore déjà formés par l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Danemark, la Belgique, etc. Quelques poids lourds européens de l’éolien offshore sont néanmoins encore en retrait, comme le suédois Vattenfall, attentiste, l’allemand RWE ou encore le portugais EDP Renovaveis.

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(*) Edition du 9 novembre 2011