Tuiles solaires à clouer pour l’Américain moyen, des milliards en jeu

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dow3Et si les panneaux solaires se clouaient simplement sur le toit ? Ce pourrait être le pari gagnant du groupe américain Dow Chemical, qui espère vendre des tuiles solaires flexible dès 2010 et en tirer… 5 milliards de dollars d’ici 4 ans.

Beaucoup de maisons américaines sont recouvertes de bardeaux rectangulaires en toile goudronnée, appelées « shingles », clouées sur des panneaux de bois aggloméré. Des tuiles en toile bitumée, en quelque sorte, généralement couleur gris ardoise.

Or il existe maintenant des cellules solaires flexibles : les nouvelles cellules photovoltaïques à couches minces, composées d’une feuille de plastique recouverte d’une très fine couche de divers métaux qui transforment la lumière en électricité.

En combinant les deux techniques, Dow Chemical a conçu des « tuiles » flexibles de toile goudronnée recouverte d’une pellicule photovoltaïque, qui se posent aussi simplement que les shingles, sauf àla nécessité de connecter les fils électriques qui passent dessous vers un boitier central.

Plus besoin de lourds panneaux en silicium, coûteux  et compliqués à poser — par exemple 20.000 dollars pour 25 m2 de panneaux sur le toit d’une maison. La décision de « solariser » son toit, stimulée par une subvention de 30% du coût total aux Etats-Unis, peut en être grandement facilitée.

Le solaire au tarif populaire

Jane Palmieri, directrice de la filiale “solaire” de Dow, Dow Solar Solutions, a déclaré que le groupe espérait retirer de ce produit, qu’il compte vendre en masse, 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2015 et 10 milliards en 2020 !

Dow utilise pour ses “tuiles solaires flexibles” des cellules photovoltaïques type CIGS, c’est-à-dire recouvertes d’un alliage cuivre-indium-gallium-selenium, qui produisent moins d’électricité qu’un panneau classique en galette de silicium, mais coûtent aussi nettement moins cher à produire : Dow estime que son système coûtera 30 à 40% de moins que des tuiles en silicium intégrées dans une toiture.

Leur pose ne prendra selon le groupe qu’une dizaine d’heures par toit, contre 22 ou 30 heures pour poser des panneaux solaires classiques. D’où une réduction de moitié des coûts d’installations, qui représentent près de 50% du coût d’un toit solaire.

Le groupe, qui a bénéficié de 20 millions de dollars d’aides fédérales pour sa recherche-développement, va distribuer son produit par le canal de grosses entreprises de construction comme Lennar et Pulte Homes.

Adaptable en Europe ?

tuiles solaires 3En Europe, peu utilisatrice de bardeaux en toile goudronnée, ce produit semble mal adapté, mais l’idée de combiner les cellules à couches minces et les tuiles solaires reste à explorer.

D’autant qu’en France,comme dans beaucoup de pays d’Europe qui aident le solaire, le tarif de rachat subventionné de l’électricité solaire est presque doublé pour le solaire « intégré au bâti » – c’est à dire qui servent aussi à couvrir les toits et ne sont pas juste posés dessus, un choix lié à des arguments esthétiques. (Voir aussi Voir le solaire décolle chez les particuliers et Repère : le coût du solaire).

Tules solaires "invisibles" de REMD’où l’apparition récente de divers types de tuiles solaires un peu moins tape-à-l’oeil, mais, pour l’instant en Europe, toujours en galettes de silicium, donc rigides et épaisses.

Certains, comme la société françaises Imerys, tente d’adapter leur forme à celle des tuiles traditionnelles – mais elles font toujours tache (bleue) au milieu du rouge provençal.

D’autres comme l’italienne REM proposent des tuiles où les cellules solaires sont à peine visibles, mais d’un faible grand rendement électrique – elle espère les vendre pour les bâtiments classés.

tuiles solaires 2Plus originale encore, une société américaine, SRS Energy, fabrique des tuiles rigides mais moulées à tous les arrondis, qui donnent aux toits un petit air de Provence colorée en bleue, mais le procédé est cher.