Obama lance le marché du carbone

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obama-co2C’était l’une de ses promesses de campagne, elle devrait devenir réalité. Barack Obama veut mettre en place rapidement un marché fédéral de droits d’émission de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique mais aussi lever ainsi des fonds pour financer le développement des énergies propres et ses programmes sociaux.

On ne connaît pas encore les modalités de ce futur marché du carbone, même si Obama avait donné quelques indications dans son programme, mais il devrait s’inspirer du système européen avec des quotas attribués aux entreprises. Celles qui dépassent leurs quotas peuvent en acheter aux autres sur le marché du carbone.

Dans son premier projet de budget transmis cette semaine au Congrès, le président américain espère en retirer quelque 80 milliards de dollars de recettes par an dès 2012. 15 milliards seraient affectés à des investissements pour les énergies propres et 63 milliards seraient redistribués sous forme de crédits d’impôt aux familles, communautés et entreprises pour les aider dans la transition vers une économie moins carbonée, où les prix de l’énergie risquent de monter, au moins dans un premier temps.

L’objectif de ce système de droits à polluer couplé au développement des énergies propres est de diminuer les émissions de CO2 du pays de 80% d’ici à 2050 (par rapport au niveau de 1990). Les Etats-Unis restent aujourd’hui le premier pollueur du monde par habitant, même si la Chine est passée en tête en valeur absolue.

L’administration Bush s’était toujours opposée à un tel dispositif, contre lequel de nombreux groupes industriels américains continuent à batailler, par peur de mettre en péril leur compétitivité.

Malgré tout, des expérimentations de systèmes d’allocation et d’échange de quotas (dits de « cap and trade ») ont été lancées aux Etats-Unis, notamment l’initiative RGGI (Regional greenhouse gas initiative) entre une dizaine d’états du nord-est du pays, qui pourrait servir de modèle.

D’autres pays préparent un marché du carbone, comme l’Australie et le Japon, avec des modalités plus ou moins contraignantes.