Appel d’offres solaire innovant : qu’a proposé Sun’R ?

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(@Sunagri)

Quelles innovations se cachent derrière les 44 MW remportés par Sun’R lors de la première session de l’exigeant appel d’offres national destiné à soutenir les installations solaires inventives, un score qui fait du développeur parisien le leader d’une sélection de 104 MW ? Sur les trois projets remportés dans la famille 1, ie les centrales au sol, deux (5 MW + 3 MW, dans les Alpes de Haute-Provence et dans le Cher) se focalisent sur l’apport du numérique pour améliorer la maintenance prédictive. « Nous allons créer un clone virtuel et apprendre des déviations qui se manifestent, pour améliorer l’efficacité des centrales et anticiper sur les problèmes », explique Antoine Nogier, président de Sun’R.

La troisième centrale sélectionnée, de 3,2 MW, va elle aussi utiliser l’intelligence artificielle mais pour mieux apprendre du ...

comportement des panneaux photovoltaïques bi-faciaux : « lorsqu’on additionne la production des deux côtés, on s’aperçoit qu’orienter les panneaux face au soleil n’est pas toujours la meilleure option », indique Antoine Nogier, qui ne souhaite pas donner d’autres précisions sur les résultats contre-intuitifs des travaux des ingénieurs.

Assortir le couple agronomique-photovoltaïque

Ces panneaux à double face revêtent une importance majeure pour Sun’R, car ils vont aussi être installés dans ses 15 projets d’agrivoltaïsme sur 33 MW, également sélectionnés par l’appel d’offres dans sa section 2 consacrée aux toitures et ombrières. Sun’R est ici sorti de la phase R&D et en arrive à celle du financement : « après notre projet vitivoltaïque pionnier de Tresserre dans les Pyrénées-Orientales, les banquiers vont maintenant vérifier l’intérêt de projets déployés en grandeur nature et en nombre, dans diverses configurations », annonce Antoine Nogier. La filiale dédiée Sunagri va donc tester le pilotage de cette technologie associée à différents climats et végétaux, par exemple des cépages variés. La précision agronomique est ici de rigueur, car « la syrah n’a pas les mêmes besoins que le grenache. La même exigence prévaut dans les vergers, entre autres », illustre le chef d’entreprise.  

La validation des financeurs revêt une grande importance, le modèle économique de Sunagri étant lui-même innovant. Il consiste à revendre les projets et leur exploitation énergétique, en conservant le pilotage des panneaux. Pourquoi ? « L’effet du changement climatique ouvre “un boulevard” à l’agrivoltaïsme, dans le monde entier, car l’agriculture doit se protéger. Nous n’intervenons pas en tant que producteur de mégawattheures, mais plutôt comme tiers de confiance entre l’énergéticien et l’agriculteur, en garantissant la priorité à la production agricole et en évitant le conflit d’intérêts, » présente Antoine Nogier.

Le pipe de Sunagri n’est pas épuisé et d’autres projets agrivoltaïques seront soumis lors de la deuxième session de l’appel d’offres solaires innovant, décalée en juin pour cause de crise Covid-19. S’ils sont acceptés par les pouvoirs publics, le développeur devrait disposer en tout d’une vingtaine de sites. Une base unique au monde, selon son dirigeant.