Quels marchés pour l’efficacité énergétique industrielle ? [Compte-rendu]

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Comment déployer des solutions d’efficacité énergétique dans l’industrie ? Pour percer sur ce marché aux multiples barrières à l’entrée, la patience est de mise. « Les responsables de sites industriels ont toujours de nombreux projets en cours », témoignait Arnaud Legrand, président d’Energiency, ce 26 novembre lors des 3èmes rencontres internationales de la transition énergétique. « Pour rentrer dans leur pipe de projets, l’indicateur important est ...

le temps de retour sur investissement. »

Des ROI inférieurs à 1 an

Agroalimentaire, chimie, matériaux… Energiency propose une solution à base de visualisation de données et d’intelligence artificielle pour aider les industriels à réduire leurs consommations. L’entreprise promet « jusqu’à 15% d’économies d’énergie avec des temps de retour sur investissement inférieurs à un an », selon Arnaud Legrand, pour qui les solutions numériques sont bien perçues par les directeurs financiers. Surtout quand les certificats d’économies d’énergie (CEE) apportent une partie du financement. Une fiche CEE a été publiée il y a quelques mois pour des solutions s’appuyant sur des capteurs et des logiciels. « Cela aura mis du temps – plusieurs années – mais nous voyons déjà qu’elle a un impact. »

« Les CEE sont un premier levier », abonde Lucille Payet, coordinatrice de projets collectifs à l’Alliance industrielle pour la compétitivité et l’efficacité énergétique (Allice), qui accompagne les industriels sur les sujets liés à la flexibilité et à la transition énergétique. « Le Fonds chaleur peut aussi aider, mais il y a encore clairement beaucoup à faire pour convaincre les décideurs d’investir. » Pour Enogia, spécialiste des machines à cycles organiques de Rankine, par exemple, il semble compliqué de bénéficier d’une fiche CEE standard. « Nous allons plutôt essayer de passer par une opération spécifique en cherchant à ce qu’elle soit duplicable d’un site industriel à l’autre », prévoit Gilles Bourguignat, responsable grands comptes d’Enogia. Ces opérations spécifiques correspondent à des actions qui ne s’inscrivent pas dans les fiches standards mais qui – si elles sont validées – donnent tout de même droit à des CEE.

Grandir grâce à l’international

A défaut de bénéficier d’une aide directe, une autre option est de cibler des segments de marché possédant leur propre dispositif de soutien. C’est une façon indirecte de bénéficier d’une aide. Comme dans les installations de méthanisation et les incinérateurs, sur lesquels lorgne Enogia pour installer ses turbines produisant de l’électricité à partir de chaleur fatale. « Mais il ne faut pas se leurrer », prévient Gilles Bourguignat. Il reste difficile de s’imposer en France « avec un prix de l’électricité et une taxation du carbone tels qu’ils existent aujourd’hui ».

Cela n’a pas empêché la société fondée en 2009 de bien se développer… grâce à l’international. « Nous avons commencé à vendre nos machines en Italie. Puis au Moyen-Orient et en Asie », retrace le responsable d’Enogia. La société, qui vise un chiffre d’affaires de 6 M€ en 2019, a fabriqué une centaine de machines, dont une quarantaine rien que cette année. « Environ 20% de notre parc installé est situé en France et les deux tiers en Europe », chiffre Gilles Bourguignat, qui est par exemple récemment allé présenter la solution d’Enogia au Japon.