Les échos de l’éolien [Colloque FEE]

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@RC

Quelque 2 000 inscrits au colloque annuel de France Energie Eolienne (FEE) : un record pour cette manifestation, avec des exposants qui couvrent la palette du secteur : fabrication, développement et production, équipements, services. Sont présents notamment les cabinets d’avocats, les gestionnaires d’actifs, les agrégateurs, les spécialistes des transactions comme Envinergy.

Le prix moyen de l’électricité issu des dernières sessions de l’appel d’offres national (63€ à plus de 66€/MWh) est peu susceptible de descendre ...

significativement. En cause, les inquiétudes des développeurs quant à l’offre des turbiniers, dues à la faillite de Senvion et aux difficultés d’autres industriels. « Pas question de « bidder » à n’importe quel prix, les développeurs ont peur de ne pas pouvoir tenir ensuite leurs engagements », indique un expert du secteur.

Nombre de développeurs ont déposé des projets auprès d’EDF OA en 2016 pour profiter des conditions d’alors, avec un tarif de 82€/MWh en guichet ouvert. Problème : ils n’ont pas tous réussi à lancer la construction dans les délais impartis, soit trois ans et l’Union européenne n’apprécie pas cette exception. Que vont devenir ces projets, que les banques ne veulent plus financer en ce moment, étant donné l’incertitude sur leur modèle économique ? La DGEC autorise certaines dérogations, mais elles ne couvrent pas tous les cas. Nombre de développeurs ont choisi d’abandonner préventivement cette possibilité et de soumettre leurs projets aux appels d’offres, ce qui laisse présager un volume record lors des deux prochaines sessions – 1 GW est évoqué pour le round 5, dimensionné pour la première fois à plus de 600 MW. Avantage : bénéficier d’un tarif sur 20 ans et non 15 années. Inconvénient : le prix de l’énergie chute de 15€/MWh…

La cession du portefeuille éolien et solaire de Vol-V à la CNR se serait réalisée à un niveau extrêmement élevé, ce qui a dissuadé certains IPP (independent power producers) de faire une offre concurrente. D’autres portefeuilles sont à la vente en ce moment, sur tout l’éventail : des actifs en production, des pipes constitués par de purs développeurs, de gros projets à construire tout de suite.

L’énergéticien italien ERG, qui dispose de 362 MW éoliens en service en France et de 2 GW en tout en Europe, organise un appel d’offres pour rationaliser son sourcing de turbines. Le but est de passer à deux ou trois fournisseurs privilégiés, au lieu de six à sept aujourd’hui, de manière à faire des économies (5% sur les Capex). Mais l’intérêt majeur réside dans la simplification de la maintenance pour les équipes du groupe, qui ont affaire à des matériels et spécifications trop variés. L’appel d’offres se termine à la fin de l’année. ERG a pour culture de tout faire en interne, depuis le développement jusqu’à l’entretien des parcs, en passant par l’exploitation et la production.

Le développeur-producteur JPEE est bien parti pour atteindre 500 MW de capacité installée dans trois ans, selon son dirigeant Xavier Nass. La société normande, historiquement centrée sur l’éolien, est notamment en train de construire un ensemble de centrales solaires de 110 MW en tout. JPEE réussit aussi à mettre en place ses opérations de financement participatif « maison », avec en ce moment deux projets en souscription auprès des épargnants (500 000€ et 80 000€) et trois levées locales bouclées à ce jour.

En France, le modèle économique des corporate PPA (power purchase agreement) va se heurter durablement au prix de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire, 42€/MWh), qui limite l’intérêt financier pour les grands acheteurs, même si ceux-ci ont aussi d’autres motivations comme leur responsabilité sociale et environnementale. « Tant que l’Arenh existe, ce ne sera pas simple », pronostique un spécialiste de la commercialisation de la production.

Poma Leitwind va fournir 16 éoliennes d’une capacité unitaire de 1,5 MW dans le cadre de l’opération de repowering qu’engage RES sur son parc éolien Souleilla-Corbières (Aude). Le nouveau parc sera opérationnel en 2022.