Trois questions à Filippo Cimitan, PDG France de Siemens Gamesa [Colloque FEE]

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(Crédit Siemens Gamesa)

Au détour d’une allée du colloque national éolien de France énergie éolienne (FEE), petit échange avec Filippo Cimitan, le PDG France de Siemens Gamesa Renewable Energy, sur la concentration du secteur, ses ambitions dans l’offshore et la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)

GreenUnivers : Quel regard portez-vous sur l’état de la filière éolienne et l’arrivée d’acteurs asiatiques sur le marché européen ? Allez-vous redescendre la chaîne de valeur comme la plupart de vos concurrents ?

Filippo Cimitan : Le marché s’est concentré, c’est un fait mais remarquez ...

que cela n’a pas fait augmenter les prix, au contraire. Dans l’éolien offshore, le nombre d’acteurs actifs est encore moins élevé. Pour le parc de Borssele, aux Pays-Bas, il n’y avait en réalité que deux concurrents et le prix était très compétitif.

La concurrence des acteurs chinois ne nous inquiète pas dans la mesure où nous avons une stratégie globale qui est d’après nous la clé de la réussite. La pression sur les prix que nous subissons ne laisse guère de marge d’erreur, d’où l’importance d’être intégré sur l’ensemble de la chaîne. Cela peut aller parfois jusqu’au développement de projets mais cela n’est pas le cœur de notre métier et n’a pas vocation à le devenir à court terme.

GU : Certains de vos concurrents affichent de grandes ambitions dans l’éolien flottant. Et vous ?

FC : Nous avons été pionnier de l’éolien flottant avec Hywind et sommes à ce jour leader. Nous sommes impliqués dans le futur Hywind Tampen et sur un projet innovant en Norvège avec Stiesdal, sans oublier naturellement le projet d’EDF RE en Méditerranée. Cette technologie représente une adaptation de la turbine, donc un surcoût mais le facteur de charge que nous avons observé atteint par endroit les 60%. Reste la question de la combinaison éolienne/flotteur qui est encore loin d’être tranchée. De nombreuses technologies existent, nous sommes présents sur déjà trois d’entre elles.

GU : Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) s’est récemment inquiété du flou qui règne autour de la cible de 1 GW/an d’éolien en mer. Partagez-vous ses craintes ?

FC : Nous sommes directement concernés par ce débat en raison de notre projet d’usine au Havre. Pour nous les trois maîtres-mots doivent être : volume, visibilité et régularité. Il faut éviter autant que faire se peut les années blanches. Nous avons actuellement 2 500 MW dans le pipe. Nous prendrons notre décision d’investissement dès qu’EDF RE prendra la sienne.