EDF Renouvelables et Dalkia vers une mise partielle sur le marché

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Crédit : EDF

Le retour en Bourse d’EDF Renouvelables semble bien parti. L’électricien national examine depuis un an et demi, avec le soutien de plusieurs banques-conseils, une réorganisation complète pour passer le mur des futurs investissements dans ses centrales nucléaires et aussi renouvelables. Selon Le Parisien, une holding de tête pourrait être créée, qui logerait directement le nucléaire. Seraient filialisées et partiellement proposées aux investisseurs les activités d’électricité renouvelable et d’efficacité énergétique (EDF Renouvelables et Dalkia). Le transport (RTE, détenu avec la CDC), la distribution (Enedis) et la commercialisation de l’énergie feraient aussi l’objet d’une filialisation.

« La séparation vise à mettre de côté le nucléaire, que la Bourse ne sait plus ...

évaluer du fait des risques et incertitudes, et à tirer le meilleur parti des activités rentables », explique un bon connaisseur de l’investissement dans l’énergie. Le groupe ne serait pas démantelé pour autant : lors de la présentation des résultats le 15 février dernier, Jean-Bernard Lévy, président tout juste renouvelé, avait annoncé qu’ EDF « allait rester un groupe intégré, avec peut-être une organisation différente ».

Que devient l’hydroélectricité ?

Quelle est la valeur d’EDF Renouvelables ? Impossible de la déterminer tant que la place de l’hydroélectricité n’est pas définitive. Un porte-parole d’EDF tient à rappeler que « rien n’est figé à l’heure actuelle, le rapport sur la réorganisation sera remis d’ici la fin de l’année et nous ne sommes pas dans la dernière ligne droite». Si les 25,5 GW de capacité hydroélectrique d’EDF (avec 45 TWh produits l’an dernier, + 25%) rejoignent la holding de tête, ils procureront une grande sécurité de revenus à l’État. A l’inverse, les barrages proposés aux investisseurs démultiplieront la valeur du périmètre des « renouvelables ». « Il serait invraisemblable que l’hydroélectricité ne soit pas introduite sur le marché, ce serait en contradiction avec l’ouverture obligatoire des concessions hydroélectriques », considère l’expert des marchés financiers, qui prévoit néanmoins que « les ingénieurs d’EDF refuseront de renoncer à cette rente. ».

Quoi qu’il en soit, si EDF Renouvelables associé ou non à l’hydro et à Dalkia fait appel aux investisseurs, le placement sur le marché ne sera pas périlleux. « Les fonds souverains, les fonds d’investissement généralistes, les fonds infrastructures vont se bousculer. L’externalisation de la valeur fera entrée beaucoup de cash dans le groupe », anticipe un praticien du financement des EnR en Europe. A quel horizon ? Selon la direction de la communication d’EDF, il n’y a pas d’accélération du calendrier, ce qui laisse entrevoir une présentation du la nouvelle configuration d’ici quelques mois et une éventuelle mise en oeuvre sous deux ans.