La start-up NextAlim trouve des fonds pour ses asticots

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Source : NextAlim

L’entomoculture, ou élevage d’insectes, continue de séduire les investisseurs. Après les sociétés françaises Ynsect et Entomo Farm ou la franco-tunisienne NextProtein, la start-up tricolore NextAlim vient de lever plusieurs millions d’euros. Parmi les participants au tour de table, Suez Ventures, le fonds régional Dynalim (9,3 M€ investis dans 26 PME du Limousin depuis 2012) et Nutri.CIAB, holding de la Coopérative interdépartementale des aviculteurs du bocage, qui fédère plus de 400 éleveurs de volailles et lapins.

« Plus de 12 M€ » levés depuis 2014

Le montant exact de l’opération est confidentiel, mais ...

tournerait autour de 7 M€ au regard des opérations précédemment réalisées et communiquées. En 2014, la jeune pousse a levé 600 K€ en equity et aides publiques. En 2015, elle a reçu plus de 4,2 M€ du Programme des investissements d’avenir (PIA). NextAlim indique qu’au total, « plus de 12 M€ » ont été investis dans son projet. A l’issue de la nouvelle collecte, Jean-François Kleinfinger, président de NextAlim, reste actionnaire principal. L’entreprise regroupe une dizaine de collaborateurs et prévoit d’embaucher prochainement une quinzaine de personnes.

« Les complémentarités avec nos nouveaux actionnaires promettent des synergies commerciales et opérationnelles certaines qui contribueront à la fois à soutenir notre déploiement territorial et réaliser notre ambition internationale », commente dans un communiqué Jean-François Kleinfinger.

Financer une unité de production

L’objectif de la levée de fonds est de financer la construction d’une première unité de production. Elle sera basée à Poitiers, dans la Vienne, et doit entrer en service en 2018. La montée en puissance sera progressive, pour atteindre une production de 15 tonnes d’insectes par jour et 13 000 tonnes d’intrants valorisés par an. Beaucoup plus que son prototype actuel, situé près de Poitiers et dont la capacité s’élève à une tonne d’insectes par semaine.

En élevant des larves de mouches (lire encadré), NextAlim se dote d’un business model à trois entrées. D’abord, elle propose de valoriser des déchets biodégradables, tels que des invendus de supermarché, des restes alimentaires de restauration ou des « chutes » de l’industrie agro-alimentaire. En consommant ces déchets, les larves détritivores produisent des matières fertilisantes.

La « mouche soldat noire » : Comme nombre de ses concurrents, NextAlim utilise des larves de mouches Hermetia Illucens. Sur son site, la start-up explique que cette espèce est présente à l’état sauvage en France et sur tous les continents. Elle peut se développer sur une grande variété de matières organiques. Inoffensive, elle n’est pas considérée comme un nuisible (ne pique pas, ne mord pas, ne transmet pas de maladie).

Alimentation animale et chimie verte

Ensuite, NextAlim commercialise des aliments pour animaux (de compagnie, pour l’instant) auprès des professionnels. Les larves contiennent en effet des huiles et protéines qui permettent de remplacer des produits tels que le soja ou la farine de poisson.

Enfin, la jeune pousse vend des produits aux professionnels de la chime verte. Les huiles, protéines et la chitine présentes dans les larves sont utiles pour fabriquer des produits biosourcés tels que des biocarburants. La chitine est une substance dure, solide et imperméable. Elle recouvre le corps des arthropodes, animaux constitués d’une suite d’anneaux durs extérieurement, souplement articulés entre eux.

NextAlim indique avoir jusqu’à présent réalisé un chiffre d’affaires « non significatif ».

Suez et l’économie circulaire : Suez créé avec le groupe La Poste une offre commune de collecte et de valorisation des déchets de bureau en France métropolitaine, a annoncé lundi un communiqué. Cette offre cible les entreprises de toutes tailles et doit leur permettre de se mettre en conformité avec le décret dit « cinq flux ». Publié en mars 2016, le texte oblige les entreprises à trier séparément le papier, les métaux, les plastiques, le verre et le bois depuis juillet 2016. L’Autorité de la concurrence doit encore valider l’offre.