« Nous faisons du photovoltaïque un axe prioritaire de développement », Antoine Cahuzac, EDF EN

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Antoine Cahuzac, EDF EN (DR)

Entretien avec Antoine Cahuzac, directeur général d’EDF EN et membre du comité exécutif d’EDF –

Où en est EDF EN ? Adepte depuis ses origines d’une stratégie de croissance volontariste dans l’éolien international, la filiale d’EDF compte rééquilibrer son mix énergétique en investissant plus fort dans le développement photovoltaïque, que la baisse des prix rend de plus en plus compétitif.  Mais l’éolien – terrestre et offshore – reste son fer de lance, avec de fortes ambitions en Asie et notamment en Chine, un pays où le groupe français est un des seuls à se risquer. Il n’hésite pas à jouer aussi un rôle de tête chercheuse, que ce soit dans le stockage ou les PPAs américains, et même dans l’autoconsommation… Le but est d’atteindre les 50 GW installés en 2030, contre 28 GW aujourd’hui dont 21 GW dans l’hydroélectricité. Immersion dans la stratégie d’EDF EN avec Antoine Cahuzac.

GreenUnivers : EDF a présenté ses résultats 2016 le mois dernier. La contribution d’EDF EN au résultat d’exploitation (940 M€) est bien supérieure, en proportion, à sa part (1,69 Md€) dans le chiffre d’affaires du groupe. Comment expliquez-vous cela ?

Antoine Cahuzac : 2016 a confirmé la solidité du business model d’EDF Energies Nouvelles. Nous sommes présents sur la majeure partie de la chaîne de valeur des énergies renouvelables et dans des pays à fort potentiel. Nos résultats poursuivent leur forte croissance avec une hausse de 6% de notre Ebitda. En 2016, exceptionnellement, les cessions d’actif ont été un peu plus nombreuses. A l’avenir, elles devraient représenter environ un tiers de notre Ebitda.

GU : L’année dernière, 40% de l’Ebitda était en effet formé par les ventes d’actifs. N’est-ce pas dommage de vendre autant quand on sait que le développement éolien est difficile, long, coûteux ?

AC : Je ne le pense pas. Cela fait partie de notre stratégie et de celle du groupe EDF, qui souhaite renforcer ses positions dans les énergies renouvelables tout en maîtrisant ses Capex. Ces cessions d’actifs, effectuées avec marge, sont une composante indispensable de notre business model et nous permettent de poursuivre notre développement dans les zones à forte croissance. EDF EN dispose de l’agilité opérationnelle pour s’adapter à un marché en perpétuelle mutation, recentrer nos positions en fonction de l’évolution de notre stratégie et saisir les opportunités qui se présentent.

« Le solaire représentera une part croissante de notre portefeuille d’activités » 

GU : L’éolien représente plus de 88% de vos projets (soit 13,1 GW) et vous figurez parmi les premiers développeurs et producteurs mondiaux sur ce marché. Le solaire tend-il à sortir de votre horizon ?

AC : Au contraire, nous faisons du solaire photovoltaïque un des axes prioritaires de notre développement. Jusqu’à récemment, l’éolien se révélait plus compétitif que le solaire d’un point de vue économique. Depuis, on a pu observer que les prix du solaire en Amérique latine et au Moyen-Orient ont battu de nouveaux records. Cette compétitivité accrue du photovoltaïque explique l’explosion du nombre de projets solaires à travers le monde. Nous détenons d’importantes positions dans plusieurs pays, comme au Chili ou en Israël où nous sommes leader. Je suis convaincu que le solaire représentera une part croissante de notre portefeuille d’activités dans les années à venir, sans même prendre en compte l’autoconsommation.

GU : EDF EN est actif dans 21 pays. Où souhaitez-vous grandir le plus vite ?

AC : Dans les zones jugées prioritaires par le groupe EDF, nous pouvons citer l’Amérique latine, en particulier le Brésil et le Chili. L’Asie constitue également une grande zone de développement. L’Inde et la Chine, véritables géants des énergies renouvelables, tirent la croissance mondiale du secteur. Nous sommes à ma connaissance le seul acteur européen implanté en Chine dans la filière éolienne. Enfin, il est difficile de ne pas mentionner l’Amérique du Nord où nous bénéficions d’une présence historique aux Etats-Unis. Cette zone est pour nous une source de croissance importante à court et moyen termes. Mais tout ceci n’est pas une liste exhaustive ; nous sommes à l’écoute du marché et des opportunités qui se présentent.

« La Chine est une zone stratégique majeure pour EDF »

GU : Quelle est ...

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