Gwenaëlle Huet, Engie : « Nous visons 9 GW d’EnR en France en 2021 »

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G.HuetEn France aussi, Engie veut devenir un leader de l’énergie responsable. Et compte bien profiter des nouveaux objectifs nationaux solaires et éoliens pour grandir et même accroître sa part de marché. Une mission de développement confiée à Gwenaëlle Huet, responsable de la business unit Energies renouvelables France depuis janvier dernier, qui explique son futur mode opératoire.

GreenUnivers : La France se fixe des objectifs ambitieux dans le solaire et l’éolien, via la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Engie souhaite aussi accélérer, comme Isabelle Kocher, directeur général du groupe, l’a annoncé lors d’une réunion avec les investisseurs le 28 juin dernier. Quels sont vos objectifs précisément ?

Gwenaëlle Huet : La trajectoire fixée par le gouvernement français est ambitieuse et réaliste. Quelle place Engie peut prendre dans ce mouvement ? Nous la souhaitons la plus grande possible et avons analysé en ce sens notre portefeuille de projets, selon les hypothèses les plus probables et en étudiant tous les moyens d’accélérer le mouvement. Nous arrivons à un objectif global, pour l’éolien, le solaire et l’hydroélectricité, de 7,3 GW installés en 2018  et de 9 GW en 2021, en considérant une capacité hydroélectrique inchangée, en raison de l’absence de visibilité sur le calendrier d’ouverture à la concurrence. Nous en sommes aujourd’hui à 5,9 GW de capacité dont 3,8 GW issus de l’hydro.

GU : Quels sont les objectifs par filière ?

GH : L’accélération la plus importante se produit dans le photovoltaïque. Nous exploitons aujourd’hui 600 MW, grâce notamment à l’acquisition de Solairedirect. Nous visons 1,2 GW en 2018 et 2,2 GW en 2021. Ce qui signifie que nous devons développer 260 MW par an, contre 100 MW actuellement. Les six appels d’offres publics sur trois ans de 500 MW chacun devraient nous le permettre, surtout si nous conservons notre part de marché, qui était de l’ordre de 20% dans le dernier appel d’offres de la CRE. D’autant que les projets avancent plus vite dans le solaire que dans l’éolien.

GU : Et dans l’éolien justement ?

GH : Nous visons  un portefeuille de 2,2 GW en 2018 et 3 GW en 2021, contre 1,5 GW de capacité à l’heure actuelle. Ce qui suppose de développer 245 MW par an, contre un rythme de 188 MW aujourd’hui.

Partager les parcs éoliens

Pour développer à marche forcée sans consommer trop de fonds propres dans un groupe obligé d’être économe en la matière, Engie va s’associer avec des investisseurs extérieurs, notamment institutionnels. L’énergéticien est prêt à partager 50% de certains futurs parcs éoliens par exemple, en particulier ceux que prépare Futures Energies. Ce qu’il a déjà fait il y a trois ans avec Predica, filiale d’assurance vie du Crédit Agricole.

GU : Comment comptez-vous procéder ?

GH : Nous allons mettre les compétences et la puissance de feu du groupe au service de nos filiales, qui disposent de portefeuilles de projets déjà bien fournis. Nos équipes sont réparties dans tout l’Hexagone. Nous allons travailler encore plus en coordination avec les parties prenantes locales.

GU : Qu’est-ce que cela signifie sur le terrain ?

GH : Prenons le foncier. La recherche des baux est plus facile pour un groupe qui est présent sur l’ensemble du territoire. Nous pouvons aussi chercher de nouveaux terrains chez les industriels, qui disposent de foncier considérable et qu’Engie connait bien. Et au-delà des synergies entre nos filiales, nous comptons aussi sur la technologie pour mettre en valeur des territoires aujourd’hui négligés, l’Aquitaine par exemple pour l’éolien. Des pales mieux designées, plus légères, voire furtives, des mâts plus hauts vont faciliter le développement de nos parcs et l’atteinte de nos nouveaux  objectifs.

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