Réactions à l’issue de la conférence environnementale : bonnes intentions, voyons la suite

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A l’issue de la Conférence environnementale, les réactions des professionnels de énergies renouvelables tout comme des associations de défense de l’environnement et des partis politique « verts » étaient plutôt positives mais avec une certaine déception sur l’absence de mesures d’urgence et une grande prudence, car tout se jouera dans la concrétisations de ces volontés encore un peu vagues. Voici les principales réactions :

Syndicats professionnels

Syndicat des énergies renouvelables : oui, mais…

Le SER se félicite que Jean-Marc Ayrault ait « réaffirmé son soutien aux filières renouvelables » et promette « un cadre réglementaire stable, transparent et favorable aux investissements  » avec une simplification des procédures administratives. Le SER se réjouit aussi qu’il ait « réaffirmé son soutien à la filière éolienne et au dispositif d’obligation d’achat » et de la décision de supprimer l’obligation d’appartenir à une zone de développement de l’éolien, ainsi que de la mise en place d’ici fin 2012 d’un tarif d’achat adapté à l’éolien en outre-mer. Autre satisfaction, l’annonce du lancement d’un 2ème appel d’offres éolien offshore et d’un appel d’offres pour le solaire. Mais le SER rappelle qu’il redemandera une « rationalisation du cadre réglementaire pour la filière éolienne » et surtout, d’urgence, « une remise à niveau du tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque pour secourir cette filière en difficulté ». Voir ici ce qu’attendait le SER de la conférence.

France Energie Eolienne : manque de mesures d’urgence

FEE se félicite du cap général mais juge que « les mesures d’urgence, annoncées par Jean-Marc Ayrault demeurent néanmoins nettement insuffisantes » et demande « une politique stable et lisible autorisant un rythme d’installation annuelle élevé, condition pour une industrie éolienne française forte ». FEE applaudit le 2ème appel d’offres éolien offshore mais avertit « qu’il faut rapidement envisager un troisième appel d’offres de 3000 MW afin de tenir l’objectif du Grenelle des 6000 MW offshore en 2020 ». Il se réjouit aussi de la suppression des ZDE, qu’il demandait, mais regrette vivement l’absence de nouvel arrêté tarifaire. « Cette mesure est pourtant la première mesure d’urgence à adopter. La filière est actuellement à l’arrêt faute de financement du fait de l’épée de Damoclès de la perte possible du tarif. 1 000 emplois sont directement menacés. Les professionnels demandent au Premier Ministre de ne pas se tromper de priorités. Sans cette dernière mesure, les espoirs générés en termes de croissance verte ne se matérialiseront pas. » Voir ici ce qu’attendait FEE de la conférence.

Réactions politiques à gauche

Côté politique, si Cecile Duflot a twitté « Je pèse mes mots : ce discours du Président de la République est historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste », son successeur à la tête du parti écologiste, Pascal Durand, s’est néanmoins montré beaucoup plus nuancé, faisant part de ses craintes que ce rendez-vous ne « soit pas à la hauteur des enjeux », la question étant, pour lui, de « réorienter les politiques publiques ».

De même, le député EELV Noël Mamère a salué les annonces sur la fermeture de Fessenheim et le rejet des permis de gaz de schiste mais reste « sceptique sur la détermination du gouvernement à lancer la transition énergétique.  »

Réactions politiques à droite

Henri Guaino (UMP) estime qu’on « meuble le vide » et s’est déclaré favorable à l’exploitation des gaz de schiste sans « tout détruire ». Et d’ajouter : « Le Grenelle de l’environnement, c’était quelque chose de sérieux : pendant des semaines, des mois, on a réuni tout le monde ».

Le député UMP des Alpes-Maritimes Christian Estrosi réclame une commission d’enquête parlementaire sur l’exploitation du gaz de schiste, se demandant vendredi dans un communiqué si la France peut se passer de ce « tournant industriel ».

Quant à Sébastien Huyghe, secrétaire national de l’UMP, il a déploré l’annonce par François Hollande de la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) fin 2016, accusant le président de la République de « vouloir mettre à bas cet atout » du nucléaire.

ONG

Nicolas Hulot : « La feuille de route et les objectifs sont assez clairs, les thématiques (environnement, biodiversité, énergie, fiscalité, financements du long terme) ont été évoqués, le job est fait. Mais toutes les difficultés commencent maintenant, parce que chaque ministre aura sa propre logique ».

Jean-François Julliard, directeur exécutif de Greenpeace-France : « Il y a une ambition, de bonnes directions, mais encore beaucoup de points d’interrogation. On a le sentiment d’avoir été écoutés ».

Bruno Genty, président de France Nature Environnement : « Le discours trace un cap et fait preuve d’une volonté politique pour réussir la transition écologique. Au-delà, se pose la question des moyens dont on va pouvoir bénéficier pour réussir cette transition. Un satisfecit donc sur la vision et sur un certain nombre d’engagements comme sur les gaz de schiste, mais des questions sur comment on va faire, avec quels moyens et quel agenda. »

Patronat et confédérations syndicales

Laurence Parisot (Medef) : « Ce qui nous préoccupe, c’est que le président a mis de côté, ou en tous les cas s’est très peu exprimé, sur le modèle économique qui peut aller avec les objectifs qu’il a fixés. »

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : « Lorsque le président prend l’engagement d’un million de logements aux nouvelles normes énergétiques, nous disons banco, mais nous n’avons pas les moyens humains, financiers, pour former et recruter des professionnels dans ce domaine; cela nécessite de prendre de fortes mesures immédiatement pour que cela puisse être le cas; sinon on risque d’avoir un constat d’échec le moment venu par rapport à un objectif politique annoncé. »

François Chérèque (CFDT) : « On doit ouvrir le débat public (sur la transition énergétique). Dans ce contexte, la décision de fermer Fessenheim en 2016, c’est peut être une décision prématurée. C’est après le débat qu’on doit décider quelle centrale on doit fermer, si on doit en fermer une. »