Cleantech : la feuille de route de François Hollande

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François Hollande élu président de la République, la donne va-t-elle changer pour les cleantech ? Dans le cadre des 60 engagements de son projet, il a annoncé vouloir faire de la France « la nation de l’excellence environnementale ».

Plus d’investissements dans les énergies vertes

La mesure la plus emblématique est la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique de 75% à 50% d’ici à 2025 – avec la fermeture durant le quinquennat de la centrale alsacienne de Fessenheim – compensée par la montée en puissance des énergies renouvelables et « la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur ». Mais il n’a indiqué ni objectifs ni moyens précis. Durant le débat l’opposant à Nicolas Sarkozy entre les deux tours, François Hollande a réitéré sa volonté de « faire l’effort de considérablement développer les énergies renouvelables », estimant qu’il était préférable d’investir dans ce domaine plutôt que dans des travaux pour prolonger la durée de vie des centrales nucléaires vieillissantes.

Accélérer la rénovation thermique

Il veut également favoriser l’efficacité énergétique » avec un plan qui permettra à « un million de logements par an de bénéficier d’une isolation thermique de qualité », ce qui permettra de « créer des dizaines de milliers d’emplois », assure son projet. Dans un entretien accordé au site Actu-Environnement, il précisait vouloir parvenir à une rénovation thermique complète du parc existant en vingt ans (*).

Pour avancer sur ces deux chantiers, le nouveau Président a prévu un grand débat national sur la transition énergétique qui doit aboutir à une loi votée en 2013. Dans un contexte budgétaire délicat, la mise en oeuvre de ses engagements pourrait cependant ne pas être facile, remarquait récemment Nicolas Rochon, président de la société de conseil en investissement RGreen.

Quel(le) futur(e) ministre de l’Environnement ?

Autre question clé : qui pilotera l’environnement dans le prochain gouvernement ? Plusieurs noms circulent, comme celui de Marie-Hélène Aubert, qui fut membre des Verts jusqu’en 2008 et animait le pôle « environnement-énergie-développement durable » dans l’équipe de campagne de François Hollande, mais aussi celui de Philippe Martin, ancien préfet, député et président du Conseil général du Gers qui a beaucoup planché sur le dossier des OGM. A moins que l’environnement ne revienne à un écologiste puisque des membres d’EELV devraient intégrer le futur gouvernement : les noms les plus cités comme ministres sont ceux de Cécile Duflot, la secrétaire nationale, et de Jean-Vincent Placé. Mais ils ne seront pas forcément en charge des questions « vertes ».

Manuel Flam / DR

Enfin, un autre fin connaisseur de l’économie verte devrait jouer un rôle de premier plan : Manuel Flam, un énarque proche de François Hollande, chargé de mission au Commissariat général au développement durable où il a notamment contribué au rapport sur les filières stratégiques de l’économie verte et auteur de l’ouvrage « L’Economie verte » aux PUF. Il pourrait rejoindre l’équipe de conseillers du nouveau président de la République à l’Elysée.

* : article publié par le site Actu-Environnement, le 17 avril 2012.