La Couronne britannique va annoncer qui construira 3.500 éoliennes sur ses côtes

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R3 2Propriétaire des côtes britanniques, la Couronne d’Angleterre (via le Crown Estate) dévoilera cette semaine les vainqueurs des enchères pour l’installation d’environ 3.500 éoliennes au large du pays d’ici 2020, soit une puissance installée de 25 GW —  le tiers de la production d’énergie britannique actuelle.

Ces enchères devraient rapporter environ 2 milliards de livres (2,2 milliards d’euros) à la Couronne et ces parcs coûteront à leurs constructeurs plus de 77 milliards de livres (85 milliards d’euros), selon les estimations des professionnels qui évoquent un coût de 3,5 millions d’euros par mégawatt.

18 candidats pour neuf zones

L’enjeu : neuf zones, la plupart en mer du Nord, dont la superficie totale équivaut à celle du Pays de Galles, où seront construites les éoliennes les plus loin des côtes et dans les eaux les plus profondes jamais envisagées dans des projets éoliens jusqu’ici.

Les candidats : 18 groupes ou consortiums, dont les compagnies d’énergies européennes les plus en pointe dans l’éolien, et les six principaux producteurs d’énergie britanniques.

Selon l’association britannique de l’éolien (British Wind Energy Association), ces projets pharaoniques créeront près de 60.000 emplois. Leur construction devrait démarrer vers 2014 et les concessions sont attribuées pour plusieurs dizaines d’années.

Un parc de 10 GW

La plus grande zone en jeu, celle du Dogger Bank, à 100 km de la côte nord-est, devra abriter un parc de 10 GW d’éoliennes, qui devraient coûter 35 milliards de livres (39,2 milliards d’euros), dont 6 milliards pour la seule installation des câbles de raccordement.

Selon la presse spécialisée, cette zone majeure sera attribuée à un consortium baptisé Forewind, qui réunit l’allemand RWE, le britannique Scottish and Southern Energy et les norvégiens StatoilHydro et Statkraft.

Scottish Power (filiale de la compagnie espagnole Iberdola ) et le groupe public suédois Vattenfall sont favoris pour la « Norfolk zone », une parcelle devant abriter 6 GW au large des côtes du Norfolk, le groupe britannique Sea Energy – associé à la compagnie portugaise EDP – se verrait attribuer la zone de Moray Firth au large de l’Ecosse, et l’irlandais Mainstream Renewable Power gagnerait la zone du Hornsea. Parmi les autres gagnants devraient figurer  l’allemand E.ON, le danois Dong Energy et le britannique Centrica.

Ces parcs permettront à Londres de s’approcher de son objectif officiel de réduire ses émissions de CO2 de 60% d’ici 2050 avec, pour 2020, l’ambition de générer 15% de son énergie de sources renouvelables.

La Grande-Bretagne veut devenir leader mondial de l’éolien offshore

Il s’agit du troisième (et de loin le plus vaste) « round » d’enchères de zones éoliennes offshore organisées par le Crown Estate depuis 2000. Les deux précédents, en 2000-2001 et 2004, avaient porté sur 8 GW au total, dont 5 parcs ont déjà été construits. Ces premiers rounds ont notamment prévu la construction du gigantesque parc du London Array (1 GW).

L’ensemble des trois « rounds » britanniques aboutira ainsi à une capacité de production de 33 GW d’éolien offshore, comme annoncé l’an dernier par le gouvernement britannique, qui veut être leader mondial du secteur.

De quoi alimenter les espoirs de l’Association européenne de l’éolienne qui estime que cette énergie pourrait représenter 17%  de l’électricité européenne. L’association européenne (EWEA) estime aussi que l’industrie éolienne en Europe pourrait représenter 325.000 emplois en 2020, deux fois plus qu’actuellement

Le Crown Estate, créé en 1066, rend tous ses bénéfices au Trésor britannique, et en échange l’Etat finance le train de vie de la Couronne. Le Crown Estate touchera des royalties par mégawatt-heure produites tandis que le gouvernement britannique subventionne ces investissements.

Voir aussi : Repère : les plus grands parcs éoliens offshore d’Europe