Pékin s’engage enfin sur une baisse de ses émissions… dans 40 ans

Print Friendly, PDF & Email

china co2Un haut responsable chinois a annoncé que les émissions de gaz à effet de serre du pays diminueraient… vers 2050. C’est la première fois que la Chine, plus gros émetteur mondial depuis l’an dernier, fixe une date pour, ne serait-ce que commencer à réduire ses émissions. Même si cette date est très lointaine, c’est au moins un pas en avant, un changement de ton. Jamais jusqu’ici Pékin n’avait évoqué de réduction, juste un ralentissement de la hausse liée à la croissance économique.

Cette annonce, a été faite dans une interview ce dimanche au Financial Times par Su Wei, directeur-général du département du changement climatique à la Commission de développement, principal organisme chinois de planification.

C’est un engagement de pur principe, non chiffré : Sun Wei n’a pas dit quel niveau ces émissions atteindraient d’ici 2050 (autrement dit, de combien elles augmenteraient) ni de combien elles diminueraient ensuite.

« Les émissions de la Chine ne continueront pas à augmenter au delà de 2050. La Chine ne continuera pas à accroître ses émissions sans limites ni ne réclamera que tous les pays aient le même taux d’émissions par habitant. Si nous faisons cela, la Terre serait détruite », a-t-il dit. Dont acte.

En gros, Chine et Etats-Unis émettent chacun un peu plus de 20% des gaz à effet de serre mondiaux, avec 6,2 milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an (24%) pour la Chine et 5,8 milliards de tonnes (21%) pour les USA. Mais en terme d’émissions par tête, un Chinois émet 3,8 tonnes par an, 5 fois moins qu’un Américain (20,4 tonnes) et presque moitié moins qu’un Français, selon les chiffres de la Banque Mondiale. Mais en raison de sa population et de sa croissance, la Chine est devenue premier pays émetteur mondial devant les Etats-Unis l’an dernier.

Pékin a visiblement adouci le ton par rapport à ses contre-accusations agressives de mars dernier contre les Etats-Unis lors de l’ébauche des négociations climat, même si Sun Wei a de nouveau averti que le pays devait avant tout sortir sa population de la pauvreté, argument mis en avant constamment par Pékin et qui semblait bloquer d’avance les négociations du sommet de Copenhague en décembre.

Lors de la dernière réunion du G8 en juillet, la Chine s’était d’ailleurs, pour ce motif, refusée à accepter l’objectif d’une réduction de ses émissions de 50% en 2050 comme le réclament plusieurs autres grands pays, ce qui menaçait de torpiller tout accord à Copenhague.

Autre signe de détente, la première compagnie électrique chinoise et la 3e américaine viennent de conclure une alliance à long terme pour élaborer ensemble des systèmes de captage du CO2 émis par les centrales à charbon.

En revanche, la Chine s’est fixée d’autres objectifs sur l’énergie et les gaz à effet de serre : réduire la consommation d’énergie par point de PIB de 20% entre 2005 et 2010, réduire les émissions de ses sites les plus polluants de 10%, accroître la proportion de forêt de 18 à 20% et faire passer la part des énergies renouvelables dans la production d’énergie primaire de 7,5% à 10%. Et le plan de relance de 4.000 milliard de yuans (586 milliards de dollars) annoncé par Pékin l’an dernier comprend 580 milliards de yuans pour des projets liés à l’environnement.

Pour un récapitulatif des objectifs de réduction d’émissions des principaux pays avant le Sommet de Copenhague de décembre, voir notre article Repère : objectifs de réduction des émissions par pays (CO2 et gaz à effet de serre).