La Chine contre-attaque sur le CO2

Print Friendly, PDF & Email

copenC’est déjà la guerre des accusations entre les deux premiers pays émetteurs de CO2, les Etats-Unis et la Chine, dix mois avant le Sommet mondial de Copenhague sur le climat.

Pékin a demandé que les pays qui importent ses produits soient tenus pour responsables des émissions de CO2 liées à leur production en Chine, et non pas les usines chinoises qui les fabriquent. « C’est le consommateur qui doit payer, pas le producteur », a déclaré le directeur du ministère chinois du Changement climatique, Gao Li.

Gao Li, principal négociateur de la Chine pour la prochaine conférence de Copenhague sur le climat, estime que 15% à 25% des émissions de CO2 de la Chine proviennent des produits fabriqués pour l’exportation (sachant que la Chine est le premier fournisseur des Etats-Unis).

Conséquence logique : la Chine ne devrait pas, selon lui, se voir imposer à Copenhague de réduction d’émissions de CO2 sur toutes ses exportations.

Gao Li a fait ces déclarations quelque peu provocatrices lors d’une pré-réunion à Washington de préparation du sommet de Copenhague, devant des émissaires de l’UE, du Japon et des USA.

Pékin répond ainsi directement à la proposition américaine – également provocatrice – d’imposer des « taxes carbone » sur les biens importés provenant de pays qui ne limitent pas leurs émissions – une manière de faire pression d’avance sur la Chine, récemment devenue le premier émetteur mondial de CO2 devant les Etats-Unis.

Les négociations s’annoncent donc difficiles à Copenhague en décembre, lors du sommet qui doit préparer un nouvel accord climatique mondial pour succéder à celui de Kyoto.

Il faudra bien trouver un accord à Copenhague : la crainte majeur de pays comme le Japon et l’UE, signataires du protoole de Kyoto, est qu’un nouvel accord ne soit encore une fois signé ni par les USA ni par la Chine, ce qui amoindrirait considérablement sa portée.