La Grande-Bretagne, vent debout pour réduire son CO2

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greenbusC’est probablement le premier pays à s’engager aussi précisément, chiffre à l’appui, sur la réduction de ses émissions de CO2 : le Secrétaire à l’Energie britannique Ed Miliband, a présenté cette semaine un « plan de transition vers le bas carbone » (qui doit devenir une loi avant la fin de l’année) qui détaille comment la Grande-Bretagne compte atteindre son objectif de réduction des émissions de CO2 de 34% d’ici 2020 (par rapport à 1990) et d’au moins 80% d’ici 2050. ED Miliband a aussi donné des détails à la BBC. Le plan complet ici et les scénarios et analyses ici (en pdf).

L’éolien jouera un rôle clé. Londres prévoit ainsi le déploiement de milliers d’éoliennes supplémentaires, à 33 GW en 2020 (si l’on calcule les capacités supposées, cela reviendrait à installer environ 3.000 éoliennes en mer et 4.000 au sol) mais Londres compte aussi sur le nucléaire et sur le développement du « charbon propre » (des centrales à charbon équipées de technique de captage du CO2). Dans cet impressionnant rapport, de multiples scénarios sont passés en revue, y compris par exemple l’évolution du prix de l’énergie éolienne, mais aussi l’impact macro-économique, etc.

Objectifs généraux :

  • D’ici 2020, 40% de la production électrique britannique doit provenir soit d’énergies renouvelables (principalement de l’éolien qui compterait pour 30% de cette part, soit environ 12% du total), soit du nucléaire (mais dont la part baissera à 8% contre 13% actuellement) soit du «charbon propre». Actuellement la production électrique britannique provient à 2% d’énergies renouvelables, presque uniquement de l’éolien.
  • Chaque ministère devra dresser, outre son budget, un «budget carbone» de ses émissions..
  • Plus de la moitié des réductions d’émissions de CO2 prévues (459 millions de tonnes en moins) seront obtenues par une réforme de la production d’électricité et 20% par des réductions d’émissions dans les transports.
  • Pour les foyers, ces mesures alourdiront leur facture d’énergie de 8%, soit environ 100 livres (110 euros) par an d’ici 2020.
  • Mais elles doivent aussi créer 400.000 emplois d’ici 2015.
  • Les transports doivent réduire leurs émissions de 14% et les bureaux de 13% d’ici 2020.

Eolien et énergie marine

  • Le gouvernement britannique veut dépenser 120 millions de livres dans l’éolien offshore et 60 millions pour aider les entreprises d’énergie marine (houle et marée), secteur où la Grande-Bretagne se veut leader.

Production individuelle

  • Etablissement d’un tarif de rachat subventionné des énergies renouvelables raccordées au réseau (« feed-in tariff »), tant pour les particuliers que les collectivités, et accélération des procédures de raccordement.

Bâtiment vert

  • 200 millions de livres sont prévues pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et des véhicules.
  • Comme déjà annoncé, des compteurs électriques intelligents seront déployés dans tous les foyers pour 2020.
  • Les compagnies d’électricité devront investir un total de 3,2 milliards de livres dans les 4 ans pour aider 7,5 millions de foyers à économiser de l’énergie.
  • Tous les nouveaux bâtiments devront obéir à des règles strictes d’efficacité énergétique.

Transports :

  • Prime aux voitures propres de 2 à 5000 livres mais qui après 2011 sera réservées aux voitures émettant moins de 75g CO2/km.
  • 10 millions de livres budgétés pour aider la mise en place de réseau de recharge de voitures électriques.

Emplois

  • Le nombre d’emplois dans le secteur «bas carbone» passerait à 1 million d’ici 2015 contre 880.000 actuellement.
  • 7% de la population active britannique travaillera dans le secteur «green» d’ici 2020.

Le gouvernement britannique estime que le marché mondial des biens et services faibles en carbone pourrait croître d’un tiers dans les 6 ans, pour atteindre 7 milliards de dollars en 2015 contre 5 milliards en 2008. Le secteur « bas carbone » en Grande-Bretagne devrait être l’un des rares à continuer à croître pendant la récession et au-delà, avec une croissance prévue de plus de 4% par an jusqu’en 2015.