Shell renonce aux énergies nouvelles

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shellShell, qui a promis d’augmenter de 5% son dividende, renonce à miser sur les énergies renouvelables : le groupe britannique va abandonner tout nouvel investissement dans l’éolien, le solaire et la pile à combustible, et ne garder que ses projets dans les biocarburants, à contre-courant des autres grands groupes pétroliers mondiaux, qui eux investissent  de plus en plus dans les énergies nouvelles.

Shell a en fait très peu misé dans les énergies nouvelles ces dernières années : seulement 1,7 milliard de dollars au total depuis 5 ans, sur 150 milliards d’investissement au total, et à comparer aux 32 milliards d’investissement prévus pour la seule année 2009.

Il détient des parts dans 11 projets éoliens situés pour la plupart aux Etats-Unis, avec une capacité de 1,1 GW, et faisait de la R&D dans les cellules solaires à couche mince et la pile à hydrogène.

En Grande-Bretagne, sa décision fait scandale. Déjà, il y a quelques mois Shell s’était retiré du vaste projet éolien offshore du London Array, le plus grand projet offshore britannique et du monde, d’une capacité de 1.000 MW, qui doit démarrer en 2012.  Le projet a été sauvé de  justesse par des investisseurs du Moyen-Orient.

Le retrait de Shell, l’été dernier, l’avait laissé aux seuls mains de l’allemand E.ON et du danois Dong Energy, et jeté le doute sur la réalisation de ce projet de 2,4 milliards de livres, un élément-clé pour que la Grande-Bretagne atteigne son objectif de 20% d’énergies renouvelables en 2020. Heureusement Masdar, le fonds d’investissement dans les cleantech du gouvernement d’Abu Dhabi, a pris 20% du projet du London Array. Désormais, Masdar détient 20% de London Array, E.ON 30% et Dong 50%.

En octobre dernier, Shell avait aussi vendu son dernier projet éolien britannique, le projet offshore de 270 MW à Cirrus Shell Flat Array, au large de Blackpool, à ses partenaires Scottish Power et à Dong Energy. Il disait à l’époque vouloir se focaliser sur l’éolien en Amérique du  nord…

Mais en renonçant au solaire et à l’éolien, Shell agit à l’inverse notamment de son compatriote BP, qui s’est retiré lui aussi des projets éoliens britanniques, mais pour mieux se développer aux Etats-Unis. BP est devenu un des gros producteurs mondiaux de cellules solaires et également un gros opérateur de parcs éoliens aux Etats-Unis, et qui continue à se développer à grande vitesse sur ces secteurs.