L’Etat reprend en main le dossier Saint-Brieuc

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Parc éolien en construction d’East Anglia One (c) Romain Chicheportiche

Le gouvernement n’aura pas laissé monter la contestation très longtemps autour du projet de parc éolien en mer de Saint-Brieuc. Pas moins de deux hauts représentants de l’Etat, le préfet maritime de l’Atlantique et celui des Côtes d’Armor, ont été dépêchés hier pour siffler la fin de la partie entre RTE et Ailes Marines d’un côté, et les professionnels de la mer de l’autre. Un plan d’action « reposant sur quatre piliers » a été élaboré pour désamorcer le conflit naissant.

Cohabitation

L’accueil du début des travaux du parc éolien en mer de Saint-Brieuc a été des plus frais. Encore sous le coup d’un recours examiné au conseil d’Etat, le projet a été contesté avec virulence lundi par une flottille de bateaux de pêche empêchant le navire de RTE et Ailes Marines de travailler. Pour renouer le dialogue, le préfet des Côtes-d’Armor ...

réunira et animera désormais personnellement et tous les mois une réunion de concertation entre les parties prenantes.

Les préfets ont rappelé dans un communiqué « la nécessaire exigence de concertation pour régler la cohabitation des usages en mer et la responsabilité forte en la matière des porteurs de projet du parc éolien en mer ». RTE n’aurait pas respecté les traditions, selon les pêcheurs. La réunion de ce mercredi 20 mai vise justement à co-construire le calendrier d’intervention des études exploratoires en mer (UXO, géophysiques, géotechniques) entre RTE et les représentants de la pêche professionnelle. De ces discussions dépendra la reprise de la campagne d’études en mer, actuellement interrompue.

La présence d’Ailes Marines

Il en sera de même lundi prochain pour Ailes Marines qui avait prévu sa propre campagne en mer dans les prochains jours. La filiale d’Iberdrola devra transmettre ses études techniques préalables pour la mi-juin au plus tard, notamment l’étude concernant l’impact des émissions sonores sur la ressource halieutique. L’entreprise fournira en outre une étude complémentaire bibliographique sur l’impact des bruits de forage. La question est cruciale pour les pêcheurs. « La réalisation des tests d’outillage, de forage et d’ensouillage fera l’objet de discussions complémentaires entre l’ensemble des parties, sous la supervision de l’État », précise le communiqué. Ailes Marines explique avoir justement besoin de ces tests pour déterminer la meilleure combinaison technologique à adopter pour le forage.

Le quatrième pilier de ce plan d’action concerne précisément Ailes Marines et son manque d’implication locale. Il lui est ainsi demandé de clarifier son « processus décisionnel interne, afin de renforcer [sa] présence sur le territoire et d’avoir, au plan local, des interlocuteurs décisionnaires pour les représentants des pêcheurs et l’ensemble des acteurs impliqués dans la réalisation du parc ». Ailes Marines a bien ouvert un bureau à Saint-Brieuc dans lequel travaillent 4 ou 5 collaborateurs, mais le directeur de projet ne vit pas sur place.