La Métropole du Grand Paris prépare sa stratégie multi-énergies

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(Crédit : Wladyslaw)

La Métropole du Grand Paris a posé les premières fondations de son futur schéma directeur des énergies, qu’elle prévoit d’adopter d’ici fin 2021. L’enjeu est de taille pour une collectivité dont les 7,2 millions d’habitants consomment 106 TWh/an (données 2015), à 95% produits en dehors de son territoire. D’autant qu’elle vise la neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour préparer ce schéma directeur, ...

l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) vient de publier un « Atlas de l’énergie dans le Grand Paris », à consulter ci-dessous. Ce travail cartographique dresse l’état des lieux des consommations, productions et infrastructures actuelles d’énergie sur le territoire de la Métropole, mais il examine surtout les enjeux pour l’avenir du système énergétique local.

Data center, froid, hybridation…

L’objectif est de diviser par deux la consommation d’énergie d’ici à 2050 par rapport à 2005 (pour atteindre 52 TWh), hors transports. Et de porter à 60% la part des énergies renouvelables et de récupération dans la consommation, dont la moitié produite localement. Pour y parvenir, de nouvelles ressources ont été identifiées. Le potentiel a été évalué à 6,3 TWh pour le solaire, à 6,1 TWh pour la géothermie de surface sur sondes et à 17,9 TWh pour la géothermie de surface sur nappe.

D’un autre côté, de nouveaux besoins devront être intégrés et l’Atlas ébauche les enjeux à venir. Par exemple, la région accueille aujourd’hui près de la moitié des data centers français, en l’occurrence 120 dont une quinzaine concentrés sur le territoire de Plaine Commune en Seine-Saint-Denis. « RTE constate une accélération importante sur le territoire francilien avec plus de 3 000 MW de demandes d’implantation de data centers par an en 2018 et 2019. RTE observe un phénomène de boule de neige : à partir du moment où un premier opérateur obtient la puissance, les concurrents se positionnent », souligne l’Atlas. Ce qui soulève des enjeux en termes d’approvisionnement électrique, mais aussi de gaz pour les data centers alimentés par trigénération gaz, sans oublier la récupération de chaleur fatale.

Parmi les besoins grandissants, citons aussi le froid pour le confort d’été face à « des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes ». Les besoins de rafraîchissement du Grand Paris sont encore mal connus, mais évalués aujourd’hui à 12 TWh. On pourrait encore citer la dizaine de stations GNV publiques en projet, « dont au moins six devraient être réalisées à Paris d’ici 2022 », en plus des onze existantes. Pour accompagner ces évolutions, outre les nouvelles sources d’énergie, la Métropole table sur l’hybridation du système énergétique local, c’est-à-dire l’interconnexion entre les différents réseaux (chaleur, gaz, électricité). Et sur les retours d’expérience des projets déjà en cours, comme le réseau de chaleur de nouvelle génération déployé à Paris Saclay.

  • Découvrez ci-dessous l’Atlas de l’énergie dans le Grand Paris (ou ici en PDF)