A Champs-sur-Marne, la géothermie s’appuie sur le participatif

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Un nouveau réseau de chaleur a fait appel au financement participatif. En l’occurrence un réseau de chaleur géothermique, une première selon Engie Solutions, qui porte le projet via sa filiale locale GéoMarne. En Seine-et-Marne, elle vient de terminer la phase de forage et s’apprête à ...

lancer la construction d’un réseau de chaleur qui sera alimenté à 82% par la géothermie et à 18% par du gaz naturel.

Une collecte en trois temps

GéoMarne est non-seulement en charge du projet, mais assurera aussi l’exploitation du réseau pour le compte de la communauté d’agglomération Paris – Vallée de la Marne (CAPVM). Ses équipes viennent de forer deux puits à 1,9 km de profondeur dans la nappe du Dogger, des travaux entamés en décembre dernier. Ils permettront de puiser de l’eau à 70°C, avec un débit de 350 m3/h. Et à partir de fin 2021, via le réseau long de 19 km, d’alimenter en chaleur divers types de bâtiments sur les communes de Champs-sur-Marne et de Noisiel. Du résidentiel au tertiaire en passant par des bâtiments communaux, notamment un centre aquatique. Soit une consommation équivalente à 10 000 logements, précise Engie Solutions. La construction du réseau doit démarrer « d’ici quelques semaines » et celle de la centrale géothermique « courant 2020 ».

Au total, ce projet représente un investissement de 40 M€. Dont 6 M€ d’aides du Fonds chaleur et 4 M€ apportés par la Région Ile-de-France. La campagne de financement participatif, sur lequel les réseaux de chaleur compte de plus en plus pour favoriser l’acceptabilité des projets, a été menée sur la plateforme Lumo, en trois phases et autant de périmètres géographiques. D’abord auprès des habitants des communes directement concernées, Noisiel et Champs-sur-Marne. Ensuite, auprès de l’ensemble de la communauté d’agglomération CAPVM. Enfin, de toute l’Ile-de-France. La collecte a permis d’atteindre l’objectif initialement visé de 1 M€. Ce volet citoyen a aussi pris la forme de visites de chantier et de rencontres avec les foreurs, géologues et autres intervenants lors des travaux, organisées pour plus de 400 personnes : des riverains, des représentants de copropriétés et de bailleurs sociaux, des partenaires, etc.

L’impact du Covid-19

Interrogé sur le prix de la chaleur délivrée, Engie Solutions indique que « le recours à la géothermie permettra la stabilisation du prix à destination du consommateur final à travers la décorrélation des fluctuations du prix des énergies fossiles ». Pour autant, la crise sanitaire du Covid-19 et la chute du prix du pétrole peuvent-elles avoir un impact sur l’équilibre économique d’un tel projet ? « De manière générale, la baisse du prix des énergies fossiles ne favorise pas les énergies renouvelables », répond très prudemment l’entreprise tout en soulignant que la géothermie est un « levier majeur » de la transition énergétique, « dont la crise que nous traversons montre l’urgente nécessité ».

Un discours relativement confiant donc pour la suite, officiellement, à l’image de celui de Pierre-Antoine Machelon, gérant du fonds spécialisé Eiffel Energy Transition : « en Europe, rien ne laisse penser que la transition énergétique va être abandonnée », analysait-il hier pour GreenUnivers. « Je pense même que l’urgence climatique devrait sortir renforcée de la crise actuelle. » Dans le cas des réseaux de chaleur toutefois, sur le terrain, la situation n’est pas forcément simple alors que les chantiers ont déjà été retardés par la campagne électorale pour les municipales. Du côté d’Engie Solutions – qui revendique 15 forages géothermiques sur les 6 dernières années – plusieurs projets seraient actuellement à l’étude « partout en Ile-de-France », par exemple à Vélizy-Villacoublay, dans les Yvelines.