Saint-Brieuc : Iberdrola reprend 100% du projet éolien en mer

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Parc éolien en construction d’East Anglia One (c) Romain Chicheportiche

Iberdrola est devenu l’unique actionnaire d’Ailes Marines, la société de projet en charge de la construction et de l’exploitation du futur parc éolien posé en mer de Saint-Brieuc (496 MW). L’électricien espagnol, qui détenait déjà 70% du capital, a racheté les parts de RES et de la Banque des Territoires pour un montant resté confidentiel.

Prévu depuis le début

L’opération intervient alors que le projet est désormais libéré de tout recours et donc en partie ...

« dérisqué ». Le timing était ainsi opportun. « La possibilité de cette transaction était inscrite dès le début du projet. RES souhaitait vendre, et nous acheter », confirme un porte-parole d’Iberdrola. RES abonde dans ce sens : « Le projet est désormais autorisé et comme prévu depuis 2011, en accord avec Iberdrola, RES cède ses parts de capital de la société de projet », indique Jean-François Petit, directeur général du développeur. A noter néanmoins qu’une équipe de quinzaine de personnes restera attachée au projet dans le cadre d’un contrat de service sous l’étiquette Ailes Marines.

Même son de cloche du côté de la Banque des Territoires : « les décisions de cessions sont prises au cas par cas […] et s’inscrivent dans une logique de rotation du portefeuille. Concernant Saint-Brieuc, la décision de sortie a été prise après concertation entre actionnaires du projet ». Interrogée par la rédaction sur l’éventualité d’une sortie systématique des projets une fois libérés des recours, une porte-parole nuance, expliquant prendre ses « décisions de cession au cas par cas ». Il sera donc intéressant d’observer l’attitude de l’institution publique sur les autres projets dans lesquels elle est partie prenante, à savoir Dieppe-Le Tréport et Yeu-Noirmoutier, aux côtés d’Engie et EDPR.

Iberdrola seul maître à bord ?

Grâce à cette opération Iberdrola devient seul maître à bord. Une situation qui peut apparaître quelque peu à rebours de sa stratégie qui consiste plutôt à ouvrir le capital au fur et à mesure de l’avancement des projets éoliens en mer. L’entreprise explique cette décision par le fait qu’au « commencement du développement du parc éolien en 2012, il convenait de diluer le risque car la technologie était nouvelle en France. Désormais, le marché est mature et le risque a diminué ».

Cette opération ne signifie pas pour autant qu’Iberdrola va conserver à l’avenir 100% des parts de Saint-Brieuc. Il est plutôt vraisemblable qu’il ouvre à nouveau le capital à des acteurs financiers qui montrent un appétit certain pour ces actifs dérisqués aux revenus garantis par des tarifs d’achat. Citons notamment Macquarie’s Green Investment Group (GIG) qui a pris en août dernier 40% du capital de East Anglia One (714 MW), un parc éolien posé en mer développé par Scottish Power (filiale britannique d’Iberdrola), et dont la mise en service est prévue pour l’été 2020. Aux Etats-Unis, le projet Vineyard Wind (800 MW) est mené par Avangrid (filiale américaine d’Iberdrola) aux côtés d’un autre fonds d’investissement très actif dans l’éolien offshore outre-Atlantique, Copenhagen Infrastructure Partners (CIP), qui détient 50% du capital du projet.

Mise en service en 2023

Pour rappel, le projet éolien de Saint Brieuc sera composé de 62 turbines de 8 MW fournies par Siemens Gamesa. Les fondations de type « jackets » seront fabriquées à Brest par Navantia et Windar à partir du mois d’août 2020. Le ou les fournisseurs des câbles internes et de la sous-station seront désignés dans les prochaines semaines. De son côté, RTE a déjà choisi Nexans pour le câble de raccordement à terre. L’installation des fondations est prévue à l’été 2021 pour une mise en service du parc à l’été 2023.

Retrouvez toutes les informations sur les projets éoliens en mer français dans notre rubrique dédiée.