Qarnot Computing collecte 6 M€ pour ses mini-datacenters chauffants

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(@Qarnot)

Joyeux dixième anniversaire pour Qarnot Computing, cet inventeur de radiateurs-ordinateurs qui chauffent les logements tout en fournissant de la puissance de calcul informatique. Il vient de boucler une augmentation de capital de 6 M€, apportés à part égales par la Banque des Territoires, le fonds Engie Rassembleurs d’énergies, l’investisseur venture dans l’immobilier A/O Proptech et Casino. Les fondateurs, et en particulier Paul Benoit, restent majoritaires. La précédente augmentation de capital, en 2016, plafonnait à 2,5 M€, fournis par le constructeur et exploitant d’entrepôts de données Data4.

Qarnot disposait alors de 400 mini-datacenters à calories ; il en a maintenant 1 200 dans plusieurs bâtiments à Paris et Bordeaux et voit grossir son carnet de commandes. « Notre chiffre d’affaires double annuellement depuis 2018 et nous espérons faire de même cette année, si la crise le permet, avec un résultat ...

qui pourrait aussi être positif », indique Quentin Laurens, responsable des relations publiques.

Deux tiers d’ingénieurs informatiques

Comme son concurrent allemand Cloud&Heat, Qarnot fait mieux que survivre dans le secteur de l’efficacité énergétique et des énergies de récupération, alors qu’un de ses concurrents, Stimergy, a lui été placé en liquidation en 2019 – mais son fondateur a relancé une société sur le même créneau. Pourtant, il n’est pas simple de convaincre un bailleur social ou un promoteur de dépenser 2 500€ à 3000€ par radiateur ou d’investir 7€/watt dans une chaudière numérique collective, ce nouvel appareil de Qarnot Computing installé notamment en Finlande en appui d’un réseau de chaleur. « Le retour sur investissement est de 6 à 8 ans, voire 5 ans pour une piscine. Ce n’est pas si long pour un propriétaire de bâtiment. N’oubliez pas que les factures de chauffage disparaissent et que nous nous chargeons de l’entretien et de l’amélioration du matériel, au fil des progrès dans les processeurs », justifie Quentin Laurens.

Processeurs ? Si la vente de radiateurs numériques représente plus de la moitié du chiffre d’affaires de Qarnot, c’est la rémunération de la puissance de calcul qui concourt le plus au résultat. D’ailleurs, les deux tiers des 34 collaborateurs se consacrent bel et bien à l’informatique. Le calcul est un marché plus que porteur et les prestations de Qarnot jouissent d’une bonne réputation. Natixis, BNP Paribas, la Société Générale y ont recours, entre autres.

Un ordinateur pour chauffer l’eau à 60 C° (@Qarnot)

Actionnaires ambassadeurs commerciaux

Un signe de la recherche de perfectionnisme de Qarnot Computing, détenteur de brevets internationaux ? Ses radiateurs sont commandables via une appli, fournisseurs de wifi partout dans le bâtiment, toujours remis à neuf… Un autre ? La façon dont il a organisé sa levée de fonds pour grandir commercialement : la Banque des Territoires appartient à la Caisse des Dépôts, investisseur majeur du logement social, Engie est présent dans les services énergétiques – son concurrent Dalkia collabore pour sa part avec une autre start-up française de la chaleur numérique, Tresorio – , Casino dispose d’entrepôts à chauffer et opère directement dans l’efficacité énergétique.

Les nouveaux actionnaires parient aussi sur le soutien que les pouvoirs publics français offrent depuis 2019 à la récupération de chaleur informatique. La filière a obtenu une décote de 70% par rapport au coefficient de conversion électrique de 2,58 – bientôt ramené à 2,3. Comme l’espère Quentin Laurens, les watts produits par la nouvelle chaudière-datacenter de Qarnot devraient même être assimilés à une énergie primaire renouvelable. Il y a là de quoi renforcer l’intérêt des promoteurs et gestionnaires immobiliers et c’est aussi l’une des raisons d’une levée de fonds tournée vers l’effort commercial.