Mobilité : l’hydrogène aura fort à faire face aux batteries [Etude]

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(Crédit : Union Européenne)

Est-il raisonnable de penser que l’hydrogène renouvelable sera un jour compétitif face au gaz naturel ? Oui, d’après une nouvelle étude à consulter ci-dessous. Elle a été publiée par BloombergNEF. D’après le cabinet, l’hydrogène produit à partir d’électricité éolienne ou solaire va voir son coût baisser, suffisamment pour ...

contribuer à décarboner l’économie. Mais sous diverses conditions et pas forcément pour tous les usages. Dans la mobilité en particulier, la concurrence des batteries s’annonce rude.

Le coût des infrastructures

Côté chiffres, BloombergNEF évoque un coût total de 2$/kg pour la production et la distribution d’hydrogène renouvelable à l’horizon 2030 (hors taxes), notamment en Europe de l’Ouest. Puis 1$/kg en 2050. Sa compétitivité déprendra évidemment de la fiscalité carbone. Dans plusieurs secteurs, le prix du CO2 n’aura pas besoin d’être élevé. En tout cas dans l’industrie. Selon les filières (acier, ciment, ammoniac, etc.), une tonne de CO2 entre 50$ et 90$ pourrait suffire à l’horizon 2050.

En revanche, ce sera plus compliqué dans les transports. Pour les poids-lourds, l’hydrogène vert pourrait être compétitif d’ici à 10 ans. « Mais le gros du marché de la mobilité – voitures, bus et camions légers – devrait privilégier les motorisations électriques à batteries, qui seront moins coûteuses que les piles à combustible », analyse le cabinet (sans compter la concurrence du GNV). Son analyse rejoint celle de la filière automobile française, prudente sur le sujet. BloombergNEF prend l’exemple des SUV aux Etats-Unis (pas le plus vertueux toutefois sur le plan environnemental). Résultat : un SUV à batteries pourrait y coûter moins cher en 2030 que son alter ego fossile en coût total de possession, ce qui ne sera pas le cas de la version à hydrogène.

La baisse des coûts de l’hydrogène vert supposera un vrai changement d’échelle. Le cabinet pointe l’enjeu des infrastructures de transports (par camions, navires, pipelines…) et de stockage d’une molécule dont la densité s’avère très faible. En termes de coût ou de limitation géographique, ces infrastructures seront un facteur prépondérant, souligne BloombergNEF. Plus encore que le mode de production de l’hydrogène.

  • Consulter ci-dessous le rapport de BloombergNEF sur le coût de l’hydrogène (ou ici en PDF)