Eolien en mer : Valorem se jette à l’eau

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Parc éolien offshore d’East Anglia One en construction (c) Romain Chicheportiche

Valemo, la filiale de Valorem dédiée aux métiers de la conduite, de l’exploitation et de la maintenance d’EnR, a ouvert un centre de coordination maritime dédié à l’éolien en mer. Hébergée sur son site nantais, la salle de contrôle a vocation à assurer la surveillance et le pilotage des opérations de construction et de maintenance des futurs parcs éoliens au large des côtes françaises. Des discussions sont actuellement en cours avec les principaux acteurs impliqués dans ces projets : EDF RE et Iberdrola.

1er centre français

Officiellement inauguré le 3 avril prochain, sauf annulation imposée par le coronavirus, le centre nantais de coordination maritime de Valemo sera ...

le tout premier de l’Hexagone. Et pour cause, aucun parc éolien en mer n’a encore vu le jour en France. Pour autant, les projets avancent – les opérations préliminaires de Saint-Nazaire ont débuté – ce qui justifie l’ouverture du centre. « Nous travaillons sur ce projet depuis 2018, année durant laquelle nous avons signé un partenariat avec l’entreprise britannique Searoc qui a mis au point un logiciel spécialisé. Notre objectif est de capitaliser sur l’expérience acquise dans les pays européens en pointe en la matière », indique Olivier Chatelot, chef de projet éolien offshore.

Concrètement, ce centre permettra de suivre en temps réel la position des navires et d’assurer la sécurité des techniciens mais aussi des autres usagers de la mer (pêcheurs, plaisanciers, etc). Valemo propose aux développeurs et turbiniers des services de coordination pour optimiser les plannings de construction et de maintenance afin de faire travailler plusieurs équipes en même temps en sécurité. Ces services sont actuellement proposés par des entreprises telles que l’anglais James Fisher ou l’allemand EMO, spécialisés dans le domaine et employant souvent des techniciens de l’univers parapétrolier reconvertis dans les énergies renouvelables. « Notre objectif est d’éviter que les parcs français soient supervisés par des consultants étrangers faisant des allers-retours entre les parcs en mer et leur pays d’origine. Nous souhaitons participer au développement de cette expertise en France et ainsi créer des emplois non délocalisables et durables », affirme Olivier Chatelot.

Pour cela, le centre fait également office d’école de formation. Les cursus courts (1 à 3 mois) s’adresseront aux professionnels de la mer souhaitant acquérir un bagage éolien pour élargir leur champ de compétences ; les cursus longs (au moins 1 an) viseront les professionnels de l’éolien désireux de prendre le large.

Un business potentiellement porteur

Naturellement, Valemo y voit également un bon moyen de générer du chiffre d’affaires. Le secteur de la coordination maritime des opérations de construction et de maintenance des parcs éoliens offshore génère davantage de valeur que son équivalent terrestre, bien plus concurrentiel car moins complexe. Reste à savoir si la filiale de Valorem parviendra à convaincre les porteurs de projets français : « Nous sommes en discussions avec EDF et Iberdrola. Nous leur avons déjà soumis des offres », précise Olivier Chatelot. Interrogé sur l’éventualité de les voir plutôt internaliser cette compétence à l’image du danois Orsted qui pilote tous ses parcs à partir d’un seul centre de contrôle – notamment EDF lauréat de 4 parcs éoliens en mer – le chef de projet n’écarte pas cette possibilité sur la maintenance mais observe un besoin d’externalisation pour la phase de construction.

Pour rappel, Valemo (60 salariés) assurait au 1er janvier 2020 l’exploitation et la maintenance de quelque 600 MW éoliens, 62 MW photovoltaïques, 300 kW hydroélectriques et de 3 sites d’énergies marines renouvelables.