Energy Observer se prépare à lancer trois offres dans l’hydrogène

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(Crédit : Marta Sostres)

Article modifié le 20 décembre 2019 –

C’est bientôt l’heure de vérité pour Energy Observer. A l’origine, l’entreprise s’est fait connaître grâce au tour du monde de son catamaran hors du commun (il est alimenté par un mix d’énergies renouvelables et un système de production d’hydrogène à partir d’eau de mer). En juillet dernier, elle a annoncé une levée de fonds de 2,4 M€ et la création d’une filiale, Energy Observer Developments, pour concevoir des solutions tirées de cette expérience. Désormais, elle se prépare à leur industrialisation avec l’acquisition de ...

trois sociétés et une nouvelle levée de fonds. Elle compte non pas fabriquer des catamarans mais lancer trois offres autour de l’hydrogène.

Des annonces en janvier

Pour rappel, les investisseurs à sa précédente levée de fonds ont été le groupe hôtelier Accor et son fonds AccorInvest, l’assureur Thélem, le groupe Delanchy (spécialisé dans les transports et la logistique) et le gestionnaire de fonds Amfil (groupe Mulliez). Energy Observer revendique aussi comme partenaires de grands groupes tels qu’Engie, Toyota et Air Liquide. L’entreprise aimerait aussi discuter du sujet des réservoirs à hydrogène avec Plastic Omnium.

Pour étoffer ses compétences, l’entreprise a acquis trois sociétés françaises dont les noms sont confidentiels, mais qui la renforcent dans le contrôle-commande, les batteries, la mécanique et la maintenance. D’après les informations de GreenUnivers, Energy Observer devrait par ailleurs annoncer en janvier 2020 une levée de fonds. Cette opération en cours de finalisation représenterait « plusieurs dizaines de millions d’euros » et valoriserait l’entreprise à « plus de 100 M€ », selon le directeur général d’Energy Observer Developments, Jérémie Lagarrigue.

Marseille, Zodiac, Paris 2024…

Ces moyens doivent lui permettre de lancer la commercialisation de trois offres à base d’hydrogène. Premièrement, un prolongateur d’autonomie – ou range extender – pour les navires. La première application prévue est située à Marseille dans le parc national des Calanques. Le groupe Zodiac serait aussi intéressé par cette solution. En ligne de mire, Energy Observer a aussi les jeux olympiques de Paris 2024. Non pas pour les bateaux en compétition, mais pour les centaines d’embarcations qui les entourent lors de ce type d’événement (un appel a été lancé par la fédération internationale de voile pour les remplacer et Energy Observer réfléchit à y répondre).

Groupe électro-hydrogène (Crédit : Energy Observer)

Deuxièmement, l’entreprise a conçu un « groupe électro-hydrogène » pour des applications terrestres. C’est-à-dire une sorte de groupe électrogène, mais fonctionnant à l’hydrogène pour produire de l’électricité avec récupération de chaleur. Energy Observer cible l’alimentation en électricité et en chaleur des bâtiments, mais aussi l’événementiel. A ce titre, peut-être intéressera-t-il lui-aussi les JO en 2024. L’entreprise a répondu à un appel à projets du programme des investissements d’avenir pour la fourniture d’énergie hors-réseau avec une offre qui pourraient servir pour Paris 2024. Mais sans garantie formelle de commandes pour l’instant. L’organisation des JO est en effet soumise à la commande publique. Les contacts pris en amont ont surtout vocation à identifier les solutions qui pourraient être disponibles à cet horizon pour préparer les cahiers des charges des futurs appels d’offres.

Enfin, troisième offre, des stations hydrogène. L’entreprise ne compte pas construire elle-même les stations, mais les franchiser. Elle se positionne en conseil pour accompagner les territoires dans la création d’écosystèmes locaux d’hydrogène vert, en interface entre producteurs et  consommateurs.