Terre et Lac, Oser et Lyon Métropole associés dans une « usine solaire »

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(@Terre et Lac)

Terre et Lac Solaire vient de boucler le financement participatif des toitures et ombrières de la “Vallée de la chimie” au sud de Lyon, avec une collecte de 275 000€ réussie par Enerfip. Mais cette réalisation de 5,8 MW, sur des toitures et ombrières pour 5 sites industriels (Arkema, JTEKT, Kemone, Total CRES et Ifpen) se distingue aussi et surtout par l’association public-privé qu’elle prévoit.

La métropole et Oser dans Lyon Rhône Solaire

L’opération ...

du développeur lyonnais est consécutive à un appel à projets de la Métropole de Lyon en 2016 – dit Appel des 30 – avec pour intention de fédérer des industriels privés autour de la transformation de la zone, et notamment son verdissement. Ce qui consiste, entre autres, à solariser une partie des surfaces disponibles. La métropole a souhaité investir dans le projet photovoltaïque une fois toutes les autorisations obtenues, via une société dédiée baptisée Lyon Rhône Solaire, dont elle détient 27,5%. Elle y est accompagnée par le fonds régional Oser, à la même hauteur, et par le lauréat de l’appel à projets, Corfu Solaire, filiale de Terre & Lac Solaire consacrée aux grands projets photovoltaïques, sur les toits ou au sol. Corfu Solaire détient le solde du capital de Lyon Rhône Solaire, soit 45%.

Sols pollués

« Cette proposition de gouvernance publique et privée a été un élément important du choix de Terre et Lac, en compétition avec 15 concurrents », explique Emmanuelle Paris, responsable marketing et communication de Terre et Lac. Lequel a emporté la totalité du marché en 2017 pour une raison supplémentaire : sa réponse a pris en compte tous les sites qu’envisageait la métropole, y compris les moins propices, par exemple ces sols pollués qu’il a fallu étudier de près avant d’installer les ombrières.

Les centrales sur les surfaces louées aux industriels sont en cours de construction et certaines sont déjà raccordées ; l’ensemble sera en service en 2020.

Terre et Lac n’a pas encore concrétisé d’autres partenariats avec des acteurs territoriaux mais, selon Emmanuelle Paris, certains sont en préparation. Plus globalement, Corfu Solaire a sécurisé 200 MW, dont 100 MW à différents stades d’autorisations. Terre et Lac annonce pour sa part un pipe de 30 MW, dont 15 MW prêts à construire, a travaillé sur plus de 300 MW de projets pour compte de tiers et détient environ 10 MW. Le chiffre d’affaires du groupe tourne autour de 15 M€.

Une « usine énergétique métropolitaine »

Le projet d’usine solaire de la Métropole de Lyon prévoit 30 000 m2 de panneaux photovoltaïques sur les toitures et parkings des industriels. Il s’inscrit dans l’objectif porté par le schéma directeur des énergies du territoire, qui veut multiplier par deux la production EnR d’ici 2030 et par 10 l’électricité solaire. Plus précisément, le projet de Terre et Lac s’inscrit dans l’initiative d’une « usine énergétique métropolitaine » dans cette « Vallée de la chimie » entre Lyon et Solaize. Elle prévoit 1) une « usine » photovoltaïque – celle que construit et exploitera Lyon Rhône Solaire, 2) du biométhane avec la plateforme Gaya, 3) la récupération d’énergie et de chaleur fatale en provenance des industriels et destinée à des réseaux de chaleur 4) des ambitions dans l’hydrogène, à partir de la production du barrage hydroélectrique de la CNR à Pierre-Bénite et de celle d’un électrolyseur de 20 MW à 30 MW à Saint-Fons prévu pour installation d’ici 2021.