Silver Frog : un ambitieux projet de production d’H2 vert grâce au solaire

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(c) Air Liquide

C’est un projet industriel innovant et ambitieux qui a été dévoilé le 9 octobre dernier à Bruxelles, à l’occasion de la conférence « Hydrogen for climate action ». Baptisé « Silver Frog », il consiste à produire des quantités significatives d’hydrogène par électrolyse, alimentée majoritairement par de l’électricité solaire (et un peu éolienne) dont les modules seraient produits par une nouvelle usine d’une capacité de 2 GW par an. Les promoteurs du projet, soutenu par SolarPower Europe, ont présenté leur initiative afin de bénéficier du programme « projet important d’intérêt européen commun » (PIIEC) et de ses aides financières.

800 000 tonnes d’H2 vert

Contrairement à ce que son nom peut laisser entendre, « Silver Frog » est un projet mené par des acteurs européens, mais pas français. Chaque brique a été confiée à ...

une entreprise spécialisée : le suisse Meyer Burger sera chargé d’équiper l’usine des lignes de production photovoltaïques, le hongrois Ecosolifer fabriquera les modules PV en se focalisant sur la technologie hétérojonction, Hydrogenics Europe (filiale du groupe canadien dans lequel a investi Air Liquide) fournira ses électrolyseurs PEM (Membrane échangeuse de protons, en initiales anglaises), et le danois European Energy sera le développeur du projet.

Les partenaires prévoient une production de 800 000 tonnes d’hydrogène vert sur les huit prochaines années, destinées aux industries, notamment chimiques fortement consommatrices d’hydrogène. Un chiffre significatif. Pour rappel, la consommation annuelle française d’hydrogène s’élève à 900 000 tonnes. Appuyés par SolarPower Europe, les promoteurs de ce projet espèrent bien obtenir aussi le soutien de la Commission Européenne dans le cadre de son Green Deal. Selon eux, « Silver Frog » s’inscrirait pleinement dans la stratégie de l’UE en matière de décarbonation – ils estiment que cette substitution réduirait de 8 Mt par an les émissions de CO2 – et participerait aussi à réindustrialiser une filière solaire européenne décimée par la concurrence chinoise. Aucune indication sur le montant de l’investissement n’a en revanche été précisée par les partenaires.

En France, plusieurs projets sont en cours de développement, notamment à l’initiative de H2V Industry qui travaille sur trois projets distincts d’une capacité de 28 000 tonnes d’H2 par an, chacun pour un coût estimé entre 230 et 250 M€. Les sites devraient voir le jour en 2022. De son côté Lucia Holding, société présidée par Jean-Marc Bouchet, mène également un projet à Port-La-Nouvelle (Aude), par électrolyse en partie alimentée en électricité par le futur parc éolien en mer flottant développé par Quadran Energies Marines, dont Lucia Holding est actionnaire.

Siemens veut vendre de l’H2 venu d’Oz

Autre projet, autre continent, mais même logique. Siemens a également l’intention de produire de l’hydrogène vert à partir de solaire, mais aussi d’éolien, en Australie. Le groupe allemand propose de construire pour pas moins de 5 GW d’EnR dans le grand et vide état du Western Australia, pour alimenter des électrolyseurs sur le site de Murchison House Station à 650 km au nord de Perth. « Le site de est parfait pour la combinaison solaire/éolien faisant de lui l’un des meilleurs endroits d’Australie pour produire des énergies renouvelables bon marché », estime Terry Kallis, PDG du développeur Hydrogen Renewables Australia, dans un communiqué. Les deux entreprises veulent ensuite exporter cet hydrogène vers l’Asie, notamment vers les grandes zones industrielles chinoises. Là encore, aucun chiffre d’investissement n’a été communiqué.