Eolien marin : le projet d’Oléron joue ses ultimes cartes

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(@WPD)

Y aura-t-il un projet de parc éolien en mer au large de l’île d’Oléron, en Charente-Maritime ? A la veille de la parution de la version définitive de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), rendue possible par le vote de la loi Energie-Climat, la question préoccupe au plus haut point le développeur engagé depuis 2014 sur la zone, WPD Offshore France. L’appel d’offres annoncé en 2016 par Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement n’a pas eu lieu et le parc a même été effacé du projet de PPE de janvier dernier. En revanche, l’objectif de proposer 1 GW par an de capacités éoliennes marines a été confirmé par cette loi Energie-Climat.

« Notre souhait est qu’Oléron revienne dans la PPE, par exemple pour 2021 et ...

sur 750 MW, en complément des 250 MW éoliens flottants prévu en Bretagne la même année », suggère Antoine Monteillet, chef de projet pour la façade atlantique chez WPD Offshore France. Une autre option serait de remplacer ce qui est imaginé en Manche Nord dès l’année prochaine. Parmi les objections, celui du vent plus faible qu’au Nord de la Loire ne tiendrait plus selon le promoteur allemand, du fait de la baisse des prix, patente à Dunkerque, rendant accessible des gisements moins productifs.

La LPO hostile depuis le début

L’autre gros reproche fait au projet charentais est plus difficile à écarter. Les éoliennes se situent entièrement à l’intérieur du Parc naturel marin (PNM) de l’estuaire de la Gironde et des Pertuis, créé en 2015. Et ces turbines suscitent l’opposition catégorique de la Ligue de protection des oiseaux, membre du conseil du parc ; le périmètre éolien envisagé est situé en zone Natura 2000, classée ici secteur spécial de conservation et de protection spéciale des oiseaux. Demain-Les-Mathes, une association de riverains, a aussi exprimé son inquiétude quant à l’impact du projet dans le parc naturel. 

Or, personne n’a oublié qu’un autre projet, au large de Dieppe-Le Tréport, a rencontré l’année dernière de grosses difficultés du fait de son seul empiètement sur une zone protégée. “Nous avons du mal à entendre ces objections. Le PNM a été créé pour organiser les activités, c’est un outil de gestion. En outre, d’autres parcs naturels sont favorables à l’éolien, comme celui du Golfe du Lion en Méditerranée », plaide Antoine Monteillet. Il met aussi en évidence l’emprise du projet éolien dans la zone protégée, soit 1% de la surface.

Dominique Bussereau en soutien

WPD Offshore France mobilise des arguments supplémentaires, par exemple la difficulté d’implanter de futurs parcs éoliens marin plus au sud, du fait notamment de la présence de l’armée. D’autres sont plus classiques, comme le soutien des pêcheurs et des élus locaux (y compris celui de Dominique Bussereau, président du Conseil départemental de Charente-Maritime, pourtant hostile à l’éolien terrestre), avec en particulier la force de traction de La Rochelle, qui espère profiter des retombées économiques. 

Il reste désormais à connaître la décision de l’État, déjà assez bien renseigné puisqu’il dispose des relevés de vent et de fonds marins menés en 2017, en parallèle d’une procédure de dialogue concurrentiel ébauchée à l’époque et globalement approuvée par la Commission de régulation de l’énergie dans sa délibération d’avril 2017. Une seule chose est sûre : les différentes parties prenantes, de soutiens ou d’opposition, seront fixées dans les prochaines semaines.