Comment éradiquer les passoires thermiques du parc locatif privé ?

Print Friendly, PDF & Email
(Source : Flickr/ Carlos ZGZ)

L’enjeu est de taille : les locataires du parc locatif privé représentent 45% des ménages exposés à la précarité énergétique. Pourtant, le plan de rénovation énergétique lancé en 2018 par le gouvernement « se concentre sur la rénovation du parc de logements des propriétaires occupants, laissant ainsi la rénovation énergétique du parc locatif privé comme l’un des derniers angles morts de cette politique publique », observe le Plan bâtiment durable dans un rapport publié ce 23 octobre. Ce document, consultable ci-dessous, présente les conclusions d’un groupe de travail lancé en février spécifiquement pour adresser ce cas particulier du parc locatif privé.

Sortir de l’approche classique

Le sujet est d’autant plus complexe à traiter que ...

nombre de locataires concernés vivent en copropriétés. Donc dépendent, pour les travaux de rénovation, des décisions prises lors des assemblées générales de copropriétaires. Ainsi, parmi les locataires du privé habitant des logements énergivores (étiquettes F et G), les deux tiers vivent dans des immeubles en copropriétés, chiffre le rapport.

Sous l’égide du Plan bâtiment durable, le groupe de travail a été copiloté par Pierre Hautus, directeur général de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (Unpi), et Michel Pelenc, directeur général de la fédération Solidaires pour l’habitat (Soliha). Leur rapport dresse le portrait-type des locataires et des propriétaires concernés. Il formule aussi 10 recommandations pour « éradiquer les logements énergivores du parc locatif privé ». En partant d’un principe : « sortir de l’approche classique qui met en miroir un locataire passif et un propriétaire à la seule recherche du profit ».

Parmi les propositions, on trouve par exemple l’idée de « fixer le seuil de consommation énergétique non décente à 330wh.EP.m2.an » ou la réforme des aides destinées aux propriétaires bailleurs. Ou encore des dispositions concernant les certificats d’économies d’énergie (CEE), l’éco-prêt à taux zéro, le dispositif Denormandie… Notamment la pérennisation et l’élargissement du dispositif « coup de pouce » des CEE, qui est plutôt bien vu par le gouvernement.

  • Découvrez ci-dessous le rapport du Plan bâtiment durable et ses 10 propositions (ou ici en PDF)