Les projets éoliens en mer émergent au Japon

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Parc éolien offshore d’East Anglia One en construction (c) Romain Chicheportiche

Etonnamment délaissés par l’archipel nippon, les projets éoliens en mer commencent timidement à s’y développer. Coup sur coup, deux grands groupes japonais ont annoncé leur intention de construire des parcs en mer sur fondations fixes de tailles respectables. Elles auront pour cela besoin de l’expertise de compagnies spécialisées, notamment européennes.

Tepco fait équipe avec Ørsted

Tokyo Electric Power Company (Tepco), l’exploitant de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daïchi, a rendu public un ...

premier projet de 370 MW. Il a déjà réalisé des études géotechniques et de vent au large de la municipalité de Choshi, dans la préfecture de Chiba, à l’Est de Tokyo. Il a l’intention d’y construire son premier parc éolien en mer à seulement 1,2 km des côtes. Et pour cause, les fonds plongent très vite sur cet archipel. Les éoliennes seront placées sur des structures fixes dans des eaux entre 8 et 30 mètres de profondeur. L’électricien a déposé une demande auprès du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI). En cas d’approbation, Tepco estime pouvoir mettre en service l’installation en 2024. Pour l’épauler dans son entreprise, Tepco a signé en janvier 2019 un Memorandum of Understanding (MoU) avec le leader mondial du secteur : Ørsted. A noter que le groupe japonais a déjà raccordé une première éolienne en mer de 2,4 MW au début de l’année.

De son côté, la société Eco Power, filiale du groupe pétrolier nippon Cosmo Energy Holdings, montre également de fortes ambitions dans le secteur. Interrogé par nos confrères de Nikkei Asian Review, son directeur Kunihiko Shoda a confirmé vouloir exploiter « 4 ou 5 parcs éoliens en mer » d’ici 2025. L’entreprise étudierait même un projet de 1 000 MW selon Recharge. Eco Power souhaite pour cela faire équipe avec une entreprise étrangère, européenne ou américaine selon son dirigeant.

Tokyo prépare les concessions

Ces projets sont parallèles à l’initiative prise par le gouvernement japonais consistant à identifier 11 zones de développement prioritaire de l’éolien en mer. Sur quatre d’entre elles, des mesures de vent et des études géologiques vont être menées afin de faciliter le travail des développeurs. Cette annonce fait suite à une loi votée le 30 novembre 2018 réformant en profondeur le droit maritime du pays. Tokyo vise désormais 6 GW éoliens posés et 4 GW flottants en service en 2030.