Eolien en mer : SSE et Equinor, grands gagnants de l’AO britannique

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(Crédit : Equinor)

Le gouvernement britannique a annoncé les résultats du dernier appel d’offres éolien en mer. L’écossais Scottish & Southern Energy et le norvégien Equinor (ex-Statoil) se taillent la part du lion des quelque 5,45 GW attribués. Innogy, donc RWE désormais pour la partie EnR, remporte quant à lui un parc de 1,4 GW. EDF Re, qui avait déposé un projet, n’a pas été retenu. Les prix sont compétitifs et très proches les uns des autres, autour des 40 £/MWh, soit environ 45 €/MWh.

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trois nouveaux parcs de 1,2 GW chacun, Creyke Beck A, Creyke Beck B et Teesside A à des prix de 39,65 £/MWh (44,82 €/MWh) pour le premier et 41,61 £/MWh (47 €/MWh) pour les deux autres. Un quatrième parc de moindre envergure, Seagreen 1 (454 MW), a été remporté en solitaire par Scottish & Southern Energy qui prend une envergure toute différente après cette compétition. L’entreprise ne compte en effet aujourd’hui que 580 MW éoliens en mer en exploitation, un chiffre qui devrait s’élever rapidement dans les années à venir.

De son côté, la compagnie publique norvégienne poursuit sur sa bonne lancée, l’année 2019 ayant été particulièrement positive dans la réalisation de ses gros projets éoliens notamment aux Etats-Unis. Elle estime l’investissement total pour les trois lots qu’elle a remportés à 9 Mds£ (10,2 Mds€). 

Moins cher que Dunkerque…

Un cinquième lot, de 1,4 GW, a été attribué à Innogy, entreprise allemande dont la partie renouvelables va passer chez son concurrent RWE, la fourniture et les réseaux étant repris quant à eux par E.ON (une opération validée cette semaine par la Commission européenne). Le strike price du Contract for Difference (CfD) est lui aussi de 41,61£/MWh. Un prix en baisse de 30% par rapport aux 57,50£/MWh obtenus lors des enchères de 2017.

Ces niveaux de rémunération sont quasi identiques aux 44 €/MWh proposés par EDF Re pour Dunkerque, mais ils comprennent les coûts de raccordement ce qui n’est pas le cas du parc éolien en mer français. Les cinq parcs devront être mis en service entre 2023 et 2025.

Eolien isolé et biomasse

Cet appel offres a aussi validé quatre projets éoliens sur des zones isolées (îles) dont deux portés par Hoolan Energy, un jeune acteur écossais créé en 2015, pour une capacité totale de 275 MW. Enfin, deux petits projets biomasse dont un avec gazéification mené par Bulwell Energy Limited ont également été approuvés pour 33 MW. Etrangement, pour ces deux technologies, les compléments de rémunération sont là encore d’une remarquable similarité avec ceux des parcs en mer : 39,65 £/MWh et 41,61 £/MWh.

A noter que ces prix ont enchanté le Premier ministre Boris Johnson qui a estimé que cela était « une excellente nouvelle que des millions de ménages soient alimentés par de l’électricité propre à des prix records ». Une nouvelle qui n’a pas manqué de raviver par ailleurs le débat dans la presse anglo-saxonne sur la pertinence du projet nucléaire Hinkley Point C vendu par EDF à 97,50 £/MWh.

Retrouvez les résultats de l’appel d’offres britannique multi-EnR ci-dessous (ou en PDF) :